|
Par
un
curieux
paradoxe,
il
faut
qu'un
responsable
politique
américain,
Al
Gore,
vienne
prêcher
la
bonne
parole
depuis
le
pays
le
plus
pollueur
de
la
planète
pour
que
le
monde
politique
français,
à
six
mois
de
l'élection
présidentielle,
manifeste
un
intérêt
un
peu
plus
que
poli
pour
la
question
essentielle
du
changement
climatique.
L'ancien
vice-président
des
Etats-Unis
avait,
en
son
temps,
négocié
le
protocole
de
Kyoto,
conclu
en
1997
mais
jamais
ratifié
par
les
Etats-Unis.
Il
est
vrai
que
la
présence
physique
d'Al
Gore,
aujourd'hui
professeur
à
l'université
de
Nashville-Tennessee,
sa
force
de
conviction,
son
talent
pédagogique
réussissent
ce
que
personne
n'avait
vraiment
réussi
jusqu'à
présent
:
mettre
le
poids
d'une
incontestable
crédibilité
politique
dans
l'expression
d'un
message
clair,
à
savoir
l'urgence
et
la
gravité
de
ce
qu'il
appelle
"la
crise
climatique".
Le
travail
d'Al
Gore,
résumé
dans
son
film
efficace,
Une
vérité
qui
dérange
-
qui
a
été
présenté
dans
la
soirée
du
mercredi
11
octobre,
à
Paris,
à
plusieurs
dizaines
de
parlementaires
-,
manifeste
que,
pour
l'essentiel,
le
débat
scientifique
est
clos.
Les
propos
controversés
de
Claude
Allègre
ne
peuvent
contredire
le
large
engagement
de
la
communauté
scientifique
attestant
de
la
validité
de
la
théorie
du
changement
climatique.
En
fait,
la
question
n'est
pas
seulement
scientifique,
elle
est
devenue
politique,
tant
elle
implique
des
choix
concrets
affectant
l'économie
et
la
société.
C'est
là,
sans
doute,
que
les
responsables
politiques
sont
le
plus
mal
à
l'aise.
Car,
même
si
l'apport
de
nouvelles
technologies
-
ou
le
développement
de
technologies
connues
mais
encore
immatures
-
sera
incontestablement
utile
et
nécessaire,
il
ne
sera
pas
suffisant
pour
résoudre
le
problème.
L'engagement
pris
mezza
voce
par
la
France,
la
Grande-Bretagne
et,
aux
Etats-Unis,
l'Etat
de
Californie
-
dont
le
gouverneur
républicain,
Arnold
Schwarzenegger,
édicte
désormais
des
lois
protectrices
de
l'environnement
-
donne
toute
la
mesure
du
défi
qui
est
ainsi
posé.
Il
s'agit
de
réduire
de
80
%,
d'ici
à
2050,
les
émissions
de
gaz
à
effet
de
serre.
Pour
y
arriver,
il
faudra
faire
plus
qu'invoquer
la
technologie
:
s'engager
dans
un
programme
résolu
de
la
maîtrise
de
l'énergie,
ce
qui
suppose
une
révolution
dans
les
modes
de
vie.
Les
politiques
pourront,
à
cet
égard,
s'appuyer
sur
le
remarquable
rapport
que
vient
de
publier
le
groupe
"Facteur
4"
mis
en
place
par
le
gouvernement.
Laissant
de
côté
l'apport
finalement
marginal
du
nucléaire
et
des
éoliennes,
les
experts
pointent
les
vraies
priorités
sur
l'habitat,
les
transports
et
l'étalement
urbain.
Au-delà
des
postures
écologiques
de
circonstance,
un
brin
"tartuffes",
il
importe
que
ces
enjeux
décisifs
et
ces
choix
difficiles
soient
abordés
courageusement
lors
de
la
campagne
présidentielle
qui
s'ouvre. |
|