20 PROPOSITIONS CHOC
                                                                          RAPPORT 316 PROPOSITIONS (245p PDF)
 
 
                               10 PROPOSITIONS   E XTRAITES  DU RAPPORT        LES OPPORTUNITES DU DEVELOPPEMENT DURABLE
79   DEVELOPPER LES ENERGIES RENOUVELABLES  EOLIENNES 84                     STOCKAGE DU CO²
80   DEVELOPPER L ENERGIE   SOLAIRE 85                     NUCLEAIRE
81   RECHERCHE SUR STOCKAGE ELECTRICITE 86                     GESTION DES CENTRALES
82   BIOMASSE 87   SECURISER L APPROVT  DES RESSOURCES MINIERES
83   FILIERE HYDROGENE 88                      POLITIQUE EUROPEENNE DE L ENERGIE

 

 

 

 

LES OPPORTUNITÉS DU DÉVELOPPEMENT DURABLE
La résolution des problèmes écologiques n’exige pas la réduction de la croissance mais, tout au contraire, demande une croissance forte, d’un genre nouveau, pour réorienter la production vers les secteurs non polluants. Réciproquement, l’amélioration de la situation de l’environnement permet d’améliorer les conditions de la croissance, en stabilisant le climat (réduction des émissions et stockage de carbone), en renouvelant les sources d’énergie et de matières premières (énergies renouvelables, biomatériaux), en restaurant les réserves d’eau et les sols, en réduisant les toxicités chroniques, en recréant de la diversité biologique, culturelle, technologique et économique.
Si un des risques majeurs pesant sur la croissance réside dans l’indisponibilité, l’insuffisance ou les coûts de l’énergie, a contrario, une politique énergétique active est doublement nécessaire : d’une part, parce que la France dispose d’un potentiel industriel considérable dans ce secteur ; d’autre part, du fait des retombées des énergies
nouvelles sur d’autres secteurs clés de l’économie comme les transports collectifs, l’automobile, l’agriculture et le bâtiment


OBJECTIF

 Affirmer une politique énergétique moins dépendante et plus durable Répondre à la demande énergétique est à la fois difficile et indispensable :
• Difficile, car elle s’inscrit dans le contexte d’une dépendance accrue envers les énergies fossiles (majoritairement utilisées jusqu’à présent mais dont les ressources s’épuisent), et de la prise en compte des effets planétaires des changements climatiques.
• Indispensable, parce qu’il s’agit d’assurer le développement nécessaire des économies émergentes en préservant la dynamique des économies développées, tout en maintenant les grands équilibres régionaux.
 

Une politique énergétique moins dépendante et plus durable doit s’articuler autour de :
• La sécurisation de l’approvisionnement pétrolier et gazier dans le contexte d’un pétrole cher, supérieur à 100 $ le baril.
Le développement des énergies sans CO2, qu’il s’agisse du nucléaire comme des énergies renouvelables.
• Les interconnexions permettant de développer à la fois la sécurité d’approvisionnement et l’exportation d’une partie de l’électricité produite sur le territoire national.
• L’intensification des économies de l’énergie et l’amélioration de l’efficacité énergétique


L’engagement marqué de l’Union européenne envers les objectifs de Kyoto s’est traduit par des mesures de restriction des émissions carbonées (cap and trade) qui font de l’Europe un modèle de contrôle, mais pas d’innovation.

 Au printemps 2006,

 le Conseilde l’Union a par ailleurs confirmé son intention de réduire unilatéralement de 20 % ses émissions de gaz carbonique à l’horizon 2020 (et même de 30 % en accord avec d’autres),

 d’accroître de 20 % l’efficacité énergétique de son économie

 et d’élever à 20 % la part des énergies renouvelables.

 DÉCISION 79
Développer l’industrie éolienne.
Les énergies renouvelables (éolien, solaire, biomasse, hydroélectricité)
ne représentent que 9 % de la consommation énergétique française, ce qui compte tenu de la situation géographique et
climatique de notre pays est largement insuffisant.
Les opportunités de croissance dans ce secteur ont déjà été saisies par plusieurs pays pour l’industrie éolienne.

Le Danemark dispose de l’une des plus importantes entreprises mondiales d’éoliennes. La France peut saisir également cette opportunité industrielle.


                    
                    DÉCISION 80
Développer l’énergie solaire.
Le marché mondial du solaire a connu une forte croissance, de 40 % par an depuis 2000 (il pesait 9 milliards d’euros en 2005). L’objectif actuel est de réduire les coûts de production. Cela implique tout d’abord de développer une filière silicium innovante :
• Disposer rapidement de silicium de qualité solaire, c’est-à-dire à très forts rendements photovoltaïques avec des coûts de fabrication inférieurs à ceux de la filière électronique.
• Développer des architectures de cellules à haut rendement et une filière de couches minces.
Cela implique également des programmes de recherche sur les systèmes énergétiques photovoltaïques. Cette recherche et développement doit être complétée par des projets concernant les systèmes énergétiques photovoltaïques avec le développement par exemple de réseaux de distribution d’énergie intelligents. L’intégration
de ces matériels, de ces systèmes dès la conception des bâtiments est une condition indispensable à la réussite du développement de cette filière.
La France dispose de groupes capables de soutenir cette recherche et développement. Les incitations du gouvernement qui fixent le tarif de rachat du photovoltaïque à 0,55 €/kWh sont des signaux positifs pour développer les débouchés de la filière, notamment auprès des collectivités territoriales.
Ces deux priorités doivent être complétées par les actions suivantes :
                                • Mettre en oeuvre un plan national d’énergie solaire.
                                • Renforcer les moyens de l’Institut national de l’énergie solaire.
                                • Lancer une politique d’achats publics permettant de dynamiser la demande, par exemple en matière d’équipement des bâtiments publics.
                                • Tisser des partenariats avec les pays du Sud, premiers marchés potentiels des matériels de l’énergie solaire.
                                • Adapter le code de l’urbanisme pour favoriser le solaire et la construction bioclimatique.
                                • Soutenir par la recherche et développement la miniaturisation et la durabilité des concepts.
                                • Accroître la recherche sur le photovoltaïque 3e génération ou encore sur les capteurs solaires hybrides, qui permettent de coupler un module de photovoltaïque avec un absorbeur thermique.
                     DÉCISION 81
Renforcer considérablement le programme de recherche sur le stockage de l’électricité pour les véhicules propres individuels et collectifs.
Le développement des énergies intermittentes avec le photovoltaïque et l’éolien doit inciter au développement en parallèle d’un programme de stockage de l’électricité, programme spécifique doté d’un financement de l’Agence nationale de la recherche.
                    DÉCISION 82
Développer le recours à la biomasse.La biomasse permet, notamment, de produire de l’électricité à
partir de débris végétaux et animaux. La France, grand pays agricole, présente un fort potentiel en la matière et dispose de technologies avancées. Les biocarburants représentent un réel potentiel de croissance. L’objectif est, désormais, de développer les biocarburants de seconde génération, valorisant la plante entière, ce qui permettra d’accroître le rendement à l’hectare. Un tel développement permettrait de réduire les émissions de CO2 dans les
transports, de créer des emplois, et de valoriser des surfaces agricoles et forestières.
• Lancer dès à présent un programme de recherche et développement sur les biocarburants de 3e génération. Il existe un potentiel trop peu exploité de production de bioénergie à partir de micro-organismes ou d’algues (algocarburants), cultivables en bioréacteurs. Cette 3e génération permettrait d’accroître considérablement
le rendement par surface mobilisée.
La chimie verte (utilisation de carbone issu de la biomasse à la place de carbone fossile dans l’industrie chimique) visera notamment à mieux maîtriser les émissions de CO2, de mieux protéger l’environnement avec des produits biodégradables et non écotoxiques, à créer des emplois et à acquérir un savoir-faire
exportable.
                                        DÉCISION 83
Promouvoir une filière hydrogène.
Les priorités de la recherche et développement dans ce domaine
doivent se concentrer sur :
• La pile à combustible pour les applications à l’automobile.Cependant, en l’état actuel des connaissances, elle ne pourra être commercialisée avant 10 ans ;
• la production d’hydrogène par électrolyse de l’eau (à haute et basse température) ;
• le stockage embarqué de l’hydrogène en développant notamment des matériaux pour réservoirs et pour le stockage solide
d’hydrogène ;
• la pile à combustible (Proton exchange membrane fuel cell[PEMFC]) en focalisant la recherche notamment sur la durée de
vie de la pile et le développement de prototypes pour des secteurs spécialisés et en favorisant l’expérimentation sur le
terrain. La concertation des secteurs concernés doit être encouragée.
                       DÉCISION 84
Développer la recherche et développement sur le stockage et le captage de CO2.
Le captage et le stockage du CO2 représentent un enjeu industriel majeur et pourraient contribuer à atteindre l’objectif de facteur 4 (c’est-à-dire la division des émissions de CO2 par 4) décidé par le gouvernement en accord avec l’Union européenne.
La recherche et développement doit se concentrer sur :
• La fiabilisation des procédés de captage de CO2 à l’étude pour améliorer leur efficacité et réduire leur coût.
• La mise en place de méthodes d’évaluation des capacités de stockage en aquifère, la modélisation de comportement sur le long terme des stockages, la certification des quantités stockées.
En parallèle, il est nécessaire de développer des expérimentations sécurisées de taille significative sur le territoire et surtout de mieux évaluer les besoins de recherche pour la mise au point des procédés.
La construction de centrales première génération est d’ores et déjà envisageable d’ici 2010-2015.
                                             DÉCISION 85
Maintenir le rôle du nucléaire et le rythme de construction de centrales.
En dépit de coûts d’investissement élevés, l’énergie nucléaire est très compétitive du fait de coûts de fonctionnement, de maintenance et d’approvisionnement en combustible bien maîtrisés.
(L’uranium ne représentant en effet que 5 % du coût de production de l’électricité nucléaire, ses variations de prix impactent de façon très marginale le prix final de l’électricité produite.) La production
d’énergie nucléaire est très largement domestique. Si l’uranium doit être importé dans le cas de l’Europe, il présente l’avantage d’être abondant à la surface du globe, distribué dans des régions relativement sûres et donc peu soumises aux aléas géopolitiques avec lesquels l’exploitation du pétrole et du gaz, par exemple, doit composer. En outre, sans pouvoir prétendre être une énergie renouvelable, le nucléaire est une énergie largement recyclable,
puisque 96 % des matières (uranium et plutonium) contenues dans le combustible usé peuvent être réutilisées dans les réacteurs existants. Il doit également tenir compte du stockage des déchets à
long terme.
La continuité de la politique énergétique française dans le domaine du nucléaire a doté la France d’un parc homogène de centrales standardisées, d’une électricité bon marché, totalement prévisible, qui constitue un poste important d’exportation. Pour conserver cet avantage concurrentiel il faut maintenir un rythme de construction adéquat des centrales de 3e génération après la construction en cours du premier réacteur à Flamanville.
                                             DÉCISION 86
Maintenir le rôle de l’État dans le nucléaire.
Les conditions de l’acceptation du nucléaire par le public doivent être préservées par le maintien :
• d’une autorité de sûreté indépendante,
• d’un rôle de l’État dans la stratégie des entreprises concernées,
• de la transparence de l’information,
• et avec de nouveaux programmes d’optimisation du stockage des déchets ultimes.
                                               DÉCISION 87
Sécuriser l’approvisionnement des ressources minières.
Si les matières premières regroupent un ensemble de ressources énergétiques (pétrole, gaz, charbon) et de minerais, notamment métalliques, leur point commun, depuis quelques années, est une envolée des prix liée à une forte demande, causée principalement par la forte croissance des grands pays asiatiques, en particulier la
Chine et dans une moindre mesure l’Inde.
Alors que les matières premières énergétiques sont aujourd’hui au coeur des débats liés à l’épuisement des ressources, au développement durable et aux énergies propres, la prise de conscience de la forte tension portant sur les approvisionnements en métaux industriels, vitaux pour toutes les industries occidentales, n’a pas encore eu lieu en Europe continentale, alors que les pays anglosaxons ainsi que la Russie, la Chine et le Brésil sont déjà engagés
dans une compétition serrée pour le contrôle des ressources et la
sécurisation des approvisionnements.
Il faut favoriser l’émergence d’un champion européen dans le secteur des métaux industriels, d’une taille suffisante pour aborder avec succès les problématiques industrielles du secteur, et garant des approvisionnements en minerais nécessaires aux grandes industries françaises est une des conditions de la croissance future.
                              DÉCISION 88
Développer une politique européenne de l’énergie.
La France, dans la perspective de sa présidence de l’Union européenne au deuxième semestre 2008, devra s’attacher à convaincre ses partenaires que la capacité de l’Union à relever le défi énergétique constitue un enjeu essentiel de sa pérennité et de la stabilité internationale.
Outre la priorité mise sur l’efficacité énergétique, une politiqueeuropéenne ambitieuse devrait traiter de façon prioritaire les questions d’infrastructures énergétiques, de réseaux de distribution et du parc de production : développer le réseau électrique et ses interconnexions ; prolonger la durée de vie des centrales les plus
performantes et les plus respectueuses de l’environnement ; favoriser
les investissements dans de nouvelles centrales peu émettrices de gaz carbonique ; harmoniser au sein de l’Union, puis auplan international, les conditions de contrôle et de régulation auxquelles les investisseurs et les opérateurs sont soumis ; intensifier l’effort de recherche et de développement en prenant en compte à la fois la recherche sur les ruptures technologiques et celle relative à l’amélioration de l’existant.
La présidence française pourra promouvoir un objectif ambitieux et des actions communes :
• En proposant pour 2030 un objectif européen quantitatif d’énergie sans CO2 dans le bilan total, favorisant l’ensemble des énergies faiblement émettrices tout en laissant à chaque État le choix de son fournisseur énergétique. À cet égard, l’établissement d’une référence européenne en termes d’émission de CO2 par habitant, voire de CO2 par unité de PNB – et non pas de richesse nationale comme l’envisage la commission pour le prochain « paquet énergie/climat » – sera très utile.
• En lançant l’idée d’une coopération spécialisée en matière nucléaire, sur une base intergouvernementale entre les seuls pays de l’Union qui y sont favorables.
• En proposant une action européenne, dans le cadre de cette coopération spécialisée, en faveur du développement sûr et maîtrisé de l’énergie nucléaire dans les pays de la future Union méditerranéenne.
Une coopération méditerranéenne pourrait se développer selon les grands axes suivants :
• L’évaluation économique et le calendrier d’introduction de l’énergie nucléaire.
• La mise en place du cadre institutionnel approprié, notamment en matière légale et réglementaire.
• La création d’une autorité de sûreté disposant des compétences et de l’autonomie nécessaires.
• Les formations adaptées à l’établissement d’une filière nucléaire civile (exploitant nucléaire, sûreté, radioprotection, protection de l’environnement, non-prolifération).
• Les dispositifs appropriés en matière de sécurité et de non-prolifération.
• La fourniture de réacteurs de 3e génération et du combustible nécessaire à leur fonctionnement, y compris les services de gestion du combustible usé et des déchets.
• L’étude des modalités de financement des investissements nucléaires.

Cette coopération s’appuiera sur les organismes compétents et les industriels des pays européens, et, en ce qui concerne les critères de sûreté nucléaire et de certification des nouveaux modèles de réacteur, sur l’effort d’harmonisation engagé au niveau européen.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’impérieuse nécessité de la  réduction des émissions des gaz à effet de serre   conduit parfois à des politiques absurdes, résultats de la précipitation d’hommes  politiques, (pour qui l’écologie représente d’abord  des voix),  et de l’avidité d’entreprises, (pour qui le « vert » représente surtout des profits).  

Ainsi du développement des éoliennes, considérées  aujourd’hui comme une source incontournable  d’énergies renouvelables, au même titre que le solaire.

 Sans parler de leur dimension esthétique, ni de leur pollution sonore, que  chacun peut apprécier à sa guise,  leur utilité, dans une politique   de croissance durable, est hautement problématique.

Ces grandes machines  sont déployées aujourd’hui à très grande vitesse,  partout dans le monde, du Texas à la Chine,  à l’image de l’Allemagne, qui dispose aujourd’hui du  plus grand parc éolien du monde,  représentant une puissance de   25.000 MW.   D’autres pays  ambitionnent des niveaux équivalents :   le Royaume Uni  projette d’installer  une puissance éolienne de  33.000 MW ; les  Pays-Bas   parlent de  6.000, seulement  en off-shore ; et la France veut atteindre en dix ans la même puissance que  l’Allemagne.

 Ces objectifs, en apparence considérables,  sont en fait   dérisoires : En Allemagne, toutes ces éoliennes, saturant le territoire,    représentent à peine 5% de la consommation de l’électricité du pays,  contre 25% pour le nucléaire, qui ne disparaitra pas.  En France, où   à peine un huitième de cette puissance  est installée,  il faudrait construire  1400 éoliennes chaque année  pour satisfaire la seule augmentation annuelle de la consommation électrique ;    et   plus de 2.100  pour produire autant   qu’une  seule centrale nucléaire.

De plus,   c’est une énergie très incertaine, qui ne peut  etre produite qu’à des moments improbables,  quand il y a du vent (et pas n’importe lequel)   et donc pas lors d’anticyclone. Au total, une éolienne ne produit annuellement que l’équivalent de 2000 heures de sa puissance maximale. Aussi, l’énergie éolienne ne se développe que  si est mise en place    une gestion  très  fine des prévisions météorologiques, avec des investissements importants,   pour intégrer cette multitude de productions locales dans les réseaux. Cela exige   d’énormes subventions, (qui, en France,  portent le taux de  rentabilité     sur fonds propre  à 22% en moyenne et  même à 40% sur les sites les plus  venteux)  et l’abandon de bien des  contrôles.

 Au total, c’est    donc une énergie  très envahissante, attirant toutes les cupidités. Si l’Allemagne a atteint les limites de ce que son territoire peut supporter, la France est partie dans le même délire :   alors que la loi Montagne et la loi Littoral  contrôlent  très  rigoureusement la construction d’immeubles et d’usines, les autorités  régionales développent les éoliennes sans pratiquement aucun contrôle   : deux permis de construire ont même  été accordés à moins de 20 km du Mont SaintMichel. Et les éoliennes off shore se développent aussi  sans aucun contrôle  de leurs impacts  sur le tissu littoral.

Le moment est venu au moins d’une pause, pour en mesurer toutes les dimensions, avant que le vent n’emporte nos illusions.

  

j@attali.com