
Greenpeace réclame l'abrogation du décret d'autorisation de l'EPR
Angela Merkel et Nicolas Sarkozy
Paris,
France — Greenpeace s'alarme des propos tenus
aujourd'hui par Nicolas Sarkozy qui promeut le nucléaire comme « l'énergie
du futur » et minimise le potentiel des énergies renouvelables en
caricaturant le modèle énergétique allemand.
À l'issue d'une rencontre informelle au château de Meseberg, au nord de
Berlin, avec la chancelière Angela Merkel, Nicolas Sarkozy a invité
l'Allemagne à adopter une politique énergétique qui rejoigne celle de la
France, qui accorde la priorité au nucléaire. Pour le président de la
République français, « il n'y a personne qui peut imaginer que les
éoliennes serviront à faire tourner toute l'Europe ». À l'inverse, «
la France a fait le choix il y a bien longtemps du nucléaire et n'a
jamais eu à le regretter ».
« Réduire les énergies renouvelables aux seules éoliennes est le
discours typique des promoteurs de l'atome, qui réduisent le débat
énergétique au développement de l'énergie nucléaire !, déclare
Karine Gavand, chargée de la campagne Climat de Greenpeace France.
Par ces propos, le Président français perpétue de vieux clichés sur les
renouvelables et montre qu'il connaît bien mal ses dossiers. »
Au lieu de donner des leçons à l'Allemagne, la France ferait mieux de
s'inspirer de son exemple.
L'Allemagne réduit ses émissions de CO2 ; pas la France
Sur la période 1990-2005, l'Allemagne a réduit de 19 % ses émissions de
gaz à effet de serre. Dans le même temps, la France a diminué ses
émissions de seulement 1,4 %. Et l'Allemagne a encore pris une longueur
d'avance sur son voisin européen en s'engageant à réduire de 40 % les
émissions allemandes à l'horizon 2020. Greenpeace attend de la France
qu'elle fasse aussi bien et que l'État s'engage dans le cadre du
Grenelle à réduire les émissions françaises d'au moins 30 % d'ici 2020.
L'Allemagne développe les énergies renouvelables ; pas la France
Sur la période 1990-2004, la part des renouvelables a augmenté de 2,1 %
en Allemagne, alors qu'elle a diminué en France de 0,6 %. La place
démesurée du nucléaire dans le mix énergétique français continue de
faire obstacle au développement des renouvelables, seules énergies
propres, sûres et durables et disponibles dès aujourd'hui. « En
s'appuyant sur leur diversité et leur complémentarité (solaire, éolien,
hydraulique, géothermie, biomasse), la France dispose pourtant du
potentiel nécessaire pour répondre à 25 % de nos besoins énergétiques
d'ici à 2020 ! », commente Karine Gavand. Dans le cadre du Grenelle
du l'environnement, Greenpeace attend des engagements du gouvernement à
la hauteur de ce potentiel.
L'Allemagne crée des emplois ; pas la France
En Allemagne, les renouvelables ont créé 130 000 postes en dix ans ; 250
000 autres sont prévus d'ici à 2010. Par comparaison, aujourd'hui en
France, le secteur des renouvelables fait travailler 40 000 personnes. «
Le développement des renouvelables en France pourrait pourtant créer
jusqu'à 361 900 d'ici à 2020 ! », commente Karine Gavand.
L'Allemagne a pris une décision démocratique sur le nucléaire ; pas
la France
En relançant le débat sur le nucléaire en Allemagne, Nicolas Sarkozy ne
peut ignorer que ce débat a déjà fait l'objet de longues discussions
outre-rhin qui ont aboutit sous le gouvernement précédent à un accord
avec les industriels et une loi de sortie du nucléaire à l'horizon 2020.
Cette décision n'a pas été remise en cause par le gouvernement de Angela
Merkel et le ministre de l'Écologie allemand a même déclaré récemment
que les plus vieilles centrales devraient être fermées rapidement du
fait des risques. « La France, qui a fait un autre choix, se contente
de relancer le nucléaire à travers le réacteur EPR, projet inutile et
dangereux, qui a été décidé en l'absence d'un débat démocratique digne
de ce nom », commente Frédéric Marillier, de la campagne Énergie de
Greenpeace France.
Greenpeace réclame l'abrogation du décret d'autorisation de l'EPR