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Association pour la Protection des Sites des
Abers |
6 octobre 2005 |
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déclarée à la Sous-préfecture de Brest sous le N° 2030 |
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Siège : Ty Va Bugale, Paluden, 29870 Lannilis |
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Secrétariat : 31, Place St. Ferdinand, 75017 Paris |
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Argumentaire sur l’électricité d’origine éolienne |
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La production d’électricité par des éoliennes est-elle techniquement
efficace ? |
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La production d’électricité est gouvernée par une caractéristique
originale : l’électricité est un bien qui ne se stocke
pas. A chaque instant la production doit
s’ajuster à la consommation appelée par les clients. Or, de ce point de vue,
l’éolien a un défaut majeur : il produit lorsqu’il y a du vent, suffisamment
de vent mais pas trop, et pas lorsque l’on a besoin d’électricité. Les
éoliennes produisent, au mieux, l’équivalent de
2500 heures à puissance nominale par an, soit
seulement 28,5% du temps (l’année comprenant 8760
heures). |
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Comme tous les produits industriels, les éoliennes obéissent à la loi de
Murphy. Cette loi est une version anglo-saxonne de la loi bien française de
la tartine de beurre. Que dit-elle ? Ceci : si un produit industriel peut
tomber en panne, il le fera sûrement ; et il choisira pour ce faire le pire
moment qui soit ! C’est ce que nous avons constaté pour les éoliennes.
Souvenons-nous des récentes périodes de grand froid, début janvier 2003 tout
d’abord avec un premier record de consommation à 80000 MW, du 21 février
2005 ensuite où la consommation s’est élevée à 86024 MW. Une masse d’air
froid anticyclonique était établie sur la France et faisait qu’il n’y avait
pas de vent. Les éoliennes ne produisaient pas, alors que la consommation
montait à un niveau record. Dans cette situation, pas du tout
exceptionnelle, EDF n’aurait pas disposé d’autres moyens de production qu’il
eut fallu délester, c’est à dire stopper la distribution d’électricité à une
partie de la clientèle (contexte que les Corses ont connu durablement en
février 2005, avec le ravissement que l’on sait) ou pire encore, connaître
un effondrement de réseau, situation que l'Italie expérimente régulièrement
et que la France a connu une fois, en 1978. |
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A cause de la forte production éolienne allemande(14000 MW), les réseaux
allemand, et européen, ont évité, de justesse, un effondrement total en
février 2002 : lors d’une tempête, cette production, qui était à son
maximum, est tombée à zéro en un temps faible, la vitesse du vent sur tout
le territoire allemand faisant jouer les sécurités de survitesse (voir
paragraphe 8) et occasionnant la mise en drapeau quasi simultanée de toutes
les éoliennes alors que l’Allemagne ne disposait pas, sur le moment, de
centrales thermiques capables de compenser cette soudaine disparition de
production. De justesse les pays voisins ont pu compenser cette
disparition et éviter l’effondrement! |
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Les éoliennes ne peuvent, en conséquence, que venir doubler des moyens
obligatoires pour satisfaire la consommation avec sécurité ; elles
n'exonèrent absolument pas de la réalisation de tous les moyens nécessaires
pour fiabiliser la production. Les investissements
éoliens ne sont, en définitive, que des doublons
coûteux pour le pays qui devra financer, d’une façon ou d’une autre, leurs
coût et fonctionnement, alors qu’ils sont
inutiles du point de vue de la production. On est
dans la situation d’un particulier qui, exposant un besoin de transport
individuel, se verrait proposer de le résoudre par l’achat de deux
voitures : une qui ne fonctionne qu’un quart du temps et une autre qu’il
peut utiliser tous les jours de l’année ! Qui achèterait cette première
voiture ? |
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Cette situation renvoie l’auteur à son métier : ingénieur du Génie Maritime.
Il note, avec malice, que la propulsion des navires a été assurée jusqu’au
début du siècle dernier par le vent, énergie apparemment gratuite. Mais dès
qu’une énergie fiable, sûre, ne dépendant pas des caprices de la nature, a
été disponible en quantité, les navires ont abandonné rapidement la voile
pour la vapeur puis le diesel. Il s’étonne donc de cette orientation en
matière d’énergie électrique pour laquelle les impératifs de fiabilité et
sûreté sont encore plus forts. |
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Deuxième point sur l’inefficacité éolienne, leur occupation de l’espace et
du sol est très mauvaise. En densifiant les éoliennes on arrive à produire
10 mégawatts (MW) au kilomètre carré, soit 1 MW pour 10 hectares. Une
centrale thermique de 1500 MW occupe de l’ordre de 10 hectares. Cette
dernière fonctionnera environ 7900 heures par an, arrêts pour
maintenance compris, contre 2500 heures, dans le meilleur cas, pour
l’éolien. On a donc un rapport 4740 dans l’utilisation du sol et de
l’espace. Pour obtenir l’énergie annuelle produite par
une seule centrale thermique de 1500 MW, il faut couvrir d’éoliennes un
carré de 21,8 kilomètres de côté ; par 4740 éoliennes de puissance unitaire
de 1 Mégawatt, par exemple ! |
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On comprend alors facilement deux caractéristiques
fondamentales de l’énergie éolienne : |
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4Elle ne sera jamais,
pour tout pays industriel comme la France, qu’une
source d’appoint, incapable de satisfaire, pour
une part significative, les besoins du pays en électricité. |
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4Son impact sur les paysages
est considérable, environ 5000 fois supérieure à
celui des autres filières, et bien plus encore si
l’on tient compte de la hauteur de ces machines - 150 mètres pour les plus
grosses machines actuelles - la moitié de la hauteur de la tour
Eiffel. |
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« Pourtant les énergies renouvelables sont très
intéressantes, car gratuites » nous dit-on ! |
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Malheureusement elles ne le sont pas pour EDF contrainte d’acheter au prix
fort toute la production éolienne. L’arrêté du 8/6/01 a fixé le
prix de rachat de base à 8,38 centimes d’euro
le kilowattheure (kWh) éolien,
alors que le coût de production d’EDF se situe à 3 centimes d’euro, soit 2,8
fois moins. |
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On rappelle qu’EDF, après avoir produit l’électricité, doit la faire
parvenir au consommateur (d’où découlent les dépenses de réalisation et
d’entretien du réseau de distribution) puis gérer et facturer l’ensemble de
ses prestations (ce qui entraîne d’autres dépenses) ; le tout amène le prix
actuellement payé par le client domestique de base à 7,65 centimes d’euro HT
le kWh, soit 9,63 centimes d’euro en incluant la TVA et les taxes locales. |
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Qui paie ce surcoût au bout du compte ? Les consommateurs
d’électricité
bien évidemment ! Ce surcoût,
qui est transféré sur le consommateur, est apparu dans le plus grand silence
des médias, depuis le 1/1/2003 au verso de nos factures d’électricité, sous
la rubrique «autre prestation», avec le titre «Contribution
au service public de l’électricité». Cette
contribution se traduit, actuellement, par une taxe de 0,45 centimes d’euros
HT par kilowattheure, soit d’ores et déjà une part de 5,88% du prix du
kilowattheure ! Tous les consommateurs paieront-ils ce surcoût ? Pas du
tout ! C’était, apparemment, l’intention initiale du gouvernement. Mais il a
fallu tenir compte du fait que l'UNIDEN (Union des industries utilisatrices
d’énergie ; syndicat français des gros consommateurs industriels d’énergie
qui représentent environ 40% de la consommation française d’électricité)
ayant porté l'affaire de cette contribution devant le Conseil d’État, car il
en contestait la légalité, un compromis est intervenu entre ce syndicat et
le gouvernement. L’UNIDEN a, alors, retiré sa plainte, évitant ainsi au
gouvernement des désaveux judiciaires publics qui auraient eu, probablement,
pour effet de conclure au caractère illégal de cette taxe. Ce compromis fait
que ces gros consommateurs ne supporteront qu'une partie très réduite de la
contribution au service public de l'électricité (environ le dixième de ce
que paiera un consommateur domestique). De plus, les exportations ne sont
pas assujetties à cette contribution : c'est donc largement plus de la
moitié de la production qui est concernée et exonérée. Ce sont ainsi les
seuls ménages qui vont payer le surcoût d’achat de la production
éolienne. Cette ligne de facturation va rapidement croitre au fur et à
mesure que le plan éolien va monter en puissance. |
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Par ailleurs, il résulte du fait que les éoliennes sont raccordées au réseau
général d'électricité, que leur production n'a, pour valeur économique, que
celle du combustible qu'elles permettront d'économiser sur les autres moyens
de production auxquels les éoliennes viendront se substituer lorsque le vent
souffle. C'est de cette manière que la Commission de régulation de l’énergie
(CRE) a effectué ses calculs de surcoût, dont personne, en particulier
l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), n’a
contesté le principe : le surcoût de fonctionnement, pour le pays, est donc
la différence entre le prix de rachat aux producteurs éoliens et la valeur
du combustible économisé. En
année pleine, c'est à
une production éolienne espérée de 33 à 35 térawattheure (TWh) par an
(source : ADEME) que ce raisonnement s'applique. L’ADEME, compte tenu de la
diversité des tarifs d’achat, estime le surcoût annuel à 973 millions
d'euros, que les ménages français vont devoir payer quasi intégralement ! |
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Les dépenses que la France va devoir supporter du fait du plan éolien se
limitent-elles à cela ? Malheureusement non ! Les
investissements éoliens ne sont, on l’a vu au paragraphe1, que des doublons
coûteux pour le pays. Le coût d'une éolienne d'une puissance de 1 mégawatt
s’estime à 1 million d'euros soit, pour les 10000 MW du plan éolien, au
minimum, 10 milliards d'euros
; ce chiffre devant être majoré largement pour tenir compte du surcoût de la
partie «off shore» du programme. (Sur ce point précis il convient de
noter qu’après l’appel d’offres pour 500 MW off shore clos le 15/8/04, le
seul projet retenu est celui de Veulettes-sur-Mer avec 105 MW pour 21
machines ; le coût d’investissement s’élève à 2,9 M€ par MW, tandis que le
prix de rachat garanti monte à 10 centimes d’euros le kWh. L’actuel ministre
de l’Ecologie a estimé que les coûts de l’éolien off shore devaient baisser
substantiellement avant de connaître d’autres développements). La France va
donc, avant de devoir les amortir par le biais de la contribution évoquée
ci-dessus, stériliser, dans un premier temps, sans nécessité et sans en
retirer un quelconque avantage, les 10 milliards d'euros nécessaires à la
réalisation du programme éolien. Notre pays peut-il se permettre, en ces
temps de difficulté budgétaire, de gaspiller ainsi de telles sommes qui
trouveraient, à l’évidence, mieux à s’employer dans les domaines de la lutte
contre le réchauffement climatique ou de la recherche, par exemple ? |
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Mais, au moins, ce prix de rachat aux producteurs éoliens est-il justifié ? |
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Pas selon l’avis de la CRE. Cette commission est l’institution qui régule
les accès au réseau ainsi que les rapports entre les différents producteurs,
EDF et producteurs nationaux d’une part, producteurs étrangers d’autre part,
afin que tous puissent vendre de l’électricité aux consommateurs français
dans des conditions de concurrence équitables. Elle a dénoncé ce tarif en
déclarant «qu’il permettait aux producteurs d’amortir
leurs investissements au taux minimum de 25% par an, après impôt »
(taux
qui explique la ruée vers ce nouvel Eldorado)
«et constituait un moyen exagérément coûteux pour la collectivité
d’atteindre l’objectif de développement de la filière que s’est fixé le
gouvernement». Elle a émis, en conséquence, un
avis défavorable au projet d’arrêté qui lui était soumis,
avis qu’elle n’a été autorisée à rendre public que le 22/6/01, après que le
dit arrêté ait été signé le 8/6/01 ! |
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Que veut dire ce taux de 25% ? Il signifie que, si l’on dispose d’argent et
que l’on a le choix entre deux décisions : investir dans une éolienne d’une
part, placer de l’argent à la banque d’autre part, tant
que le banquier ne propose pas plus que 25% d’intérêt annuel, on a intérêt à
investir dans l’éolien ! Nous avons lu, notamment
dans le journal Le Monde, des publicités ayant pour but de lever des
fonds pour réaliser des investissements éoliens et qui promettaient de tels
taux d’intérêt. C’est donc bien à ce niveau que se situent les profits
de l’éolien ; et le moindre des qualificatifs que l’on peut leur associer
est qu’ils sont abusifs et indûment payés par les abonnés-clients d’EDF. On
est très loin, ici, du taux offert par la Caisse d’Épargne à ses clients. |
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Néanmoins ce sont des directives européennes qui obligent la France à
investir dans l’éolien afin de lutter contre le réchauffement climatique et,
dans ce domaine, les éoliennes sont très efficaces. |
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C’est ce que soulignent alors les partisans de l’éolien, parmi lesquels on
trouve le Syndicat des Énergies Renouvelables (SER) qui regroupe les
producteurs éoliens, ainsi que l’ADEME, qui comptent parmi les plus chauds
partisans de l’éolien. Ils rappellent systématiquement "que la France s'est
engagée, à la suite d'une directive européenne sur les énergies
renouvelables, à porter de 15 à 21% en 2010 la part des énergies
renouvelables dans sa consommation d'électricité". Ce qui est exact. Mais
ils omettent soigneusement de préciser les circonstances qui ont conduit à
cette situation et qui l'éclairent d'une couleur singulièrement différente. |
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La Communauté Européenne d'une part, les pays qui la composent de leur coté,
ont signé les accords de Kyoto, en vue de traiter un problème identifié :
le réchauffement climatique dû à l'émission de gaz à
effet de serre. Elle a ensuite réparti entre les
états de la Communauté, par des objectifs
contraignants, l'objectif global de réduction, de
8% à l’horizon 2010, des émissions de gaz à effet de serre qu'elle s'est
engagée à réaliser. Elle a choisi de le faire
en pénalisant les pays les plus pollueurs parmi lesquels
figurent, en haut de classement, le Danemark et l’Allemagne,
que SER et ADEME donnent, pourtant, en modèle. La France, dont la situation
exemplaire de ce point de vue, a été reconnue à cette occasion, à l'inverse
de tous les autres états de la Communauté exceptés l'Espagne et le Portugal,
s'est vue simplement demander d'atteindre, en 2010, la situation d'émission
qu'elle connaissait en 1990 (on émet par habitant et par an, en tonnes
équivalent carbone, en France 1,8 T seulement ; au Danemark, Hollande et
Belgique 3,3 T ; en Allemagne 2,9 T ; en Angleterre 2,5 T - année 1998 ;
source : UNFCC, INED, CSE ). Tous les autres pays
de la Communauté se sont vus fixer d’importantes obligations de diminution
d’émission de gaz à effet de serre : Luxembourg 28%, Allemagne et Danemark
21%, Autriche 13%, Grande Bretagne 12,5%… et la France 0%.
(Conseil européen du 16/6/98). |
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Dans un deuxième temps, la Communauté, ayant examiné l'objectif
de diminution des émissions de gaz à effet de serre, a jugé adéquat, au plan
général, de l'atteindre en recommandant, pour
moyen privilégié, de
passer à 21%, en 2010, la part des énergies renouvelables dans la
consommation d'électricité de l'Europe(sans
aucunement indiquer que l’éolien devait faire l’objet d’un choix
préférentiel). Les
pays membres ont été laissés libres de se déterminer par rapport à cette
recommandation, qui reste
indicative et non pas
contraignante à l'inverse de l’objectif initial. Nombreuses sont,
d’ailleurs, les critiques de l’objectif européen de 21% : certains
considèrent qu’il est anormal de ne pas avoir, dans le même temps, fixé un
plafond à la «partie réchauffante» de la production d’électricité, car
c’est d’abord celle-là qu’il convient, prioritairement, de limiter pour
lutter contre l’effet de serre ; d’autres s’indignent des choix de la
Commission qui, d’une main oriente l’Europe vers l’électricité renouvelable
et, de l’autre, en juillet 2001, maintient à 4,7 Mrds d’euros les aides
d’état aux productions houillères allemande et espagnole, malgré leurs
effets nocifs sur l’effet de serre -effets dénoncés par la même Commission-
et les efforts demandés - et acceptés - aux états entrants dans ce domaine. |
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Le pouvoir politique français du moment a choisi d'adhérer à l’objectif
européen de 21%, bien que les directives européennes ne l'y obligeaient
nullement, en focalisant son action sur le seul éolien. Il lui était facile
pourtant, réfléchissant aux particularismes de la situation française, de
constater que la recommandation de la Communauté, si elle est pertinente
pour tous les autres pays européens, ne l'est nullement pour la France. En
effet, ces pays génèrent massivement leur électricité à partir, soit de
mauvais lignite, soit de charbon - combustibles polluants s'il en est - soit
encore de gaz ou de pétrole - qui le sont un peu moins - ; alors que la part
de combustibles fossiles dans l'électricité française est simplement de
l'ordre de 6% (la répartition par filière est, en France : nucléaire : 80% ;
hydraulique : 14% ; thermique fossile : 6%). Substituer de l'électricité
éolienne, non polluante, à exclusivement de l'électricité thermique fossile
qui l'est, est pleinement conforme à l'objectif de la Communauté ;
substituer de l'éolien à du nucléaire et de l’hydraulique qui ne sont pas
émetteurs de gaz à effet de serre donne, par contre, un résultat sans aucun
effet réel sur cet objectif. Alors que la production d'électricité est, pour
tous les autres pays européens, une des causes principales de production de
gaz à effet de serre, ce n'est nullement le cas en France. Le simple examen
de cette situation aurait dû conduire le ministre de l’écologie à
s'attaquer, d'abord, aux causes majoritaires d'émission de gaz à effet de
serre en France sur lesquelles il était le plus facilement possible d'agir :
les transports routiers qui sont à l'origine de 27% des émissions (on notera
que de 1980 à 2000, en même temps que les émissions françaises de gaz à
effet de serre diminuaient de 18%, la part des transports augmentait de
53% !), puis le chauffage résidentiel tertiaire qui s'impute pour 22%,
(année 2001 ; source : CITEPA) en lançant des campagnes de remplacement des
technologies en usage dans ces deux domaines, par la meilleure technologie
disponible (ferroutage ; basculement du charbon et du fioul vers le gaz ;
pompes à chaleur …). La division par un facteur important des
émissions de gaz à effet de serre dans ces deux segments était alors
accessible et un résultat décisif quant à l'objectif poursuivi, facilement
réalisable. Apparemment l'idée n'est pas venue au ministre, en charge de
l’écologie à l’époque, d'effectuer ce constat évident, ni de lancer les
actions correspondantes qui ne le sont pas moins. On observe, par contre,
que des agences gouvernementales ont eu la rigueur de pensée et le courage
de contredire la volonté politique pour le moins originale, de l'époque,
comme l'a fait la CRE en appréciant le plan éolien pour ce qu'il est,
c'est à dire, sans résultat tangible quant à l'objectif visé et désastreux
pour le pays aux plans technique et financier. Notons, également, que le
rapport que l’Office Parlementaire d’Évaluation des Choix Scientifiques et
Technologiques a émis, sur «L’état actuel et les perspectives techniques des
énergies renouvelables», concluait, sous la signature de son président, le
député socialiste de Meurthe et Moselle Jean-Yves Le Déaux (donc appartenant
à la majorité gouvernementale du moment), dans le même sens. |
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Un éclairage global confirme ce qui précède. Les émissions de gaz à effet de
serre sont, en France, évaluées à 133 millions de tonnes (MT) annuelles en
équivalent carbone (année 2003, les puits de carbone étant décomptés; source
: CITEPA). L’ADEME estime à, entre 3 et 6 MT, la masse d'équivalent carbone
dont l’émission sera évitée par le plan éolien. En se fondant sur la valeur
moyenne donnée par l’ADEME, soit 4,5 MT (bien que ce chiffre soit contesté
et considéré comme exagérément élevé par d’autres experts), on arrive
aisément à la conclusion que le plan éolien,
lorsqu'il sera réalisé, amènera en France, une
réduction des émissions de gaz à effet de serre
de 3,38% ! Or, c'est une
division par deux des émissions mondiales actuelles
- réduction de
50% donc, ce qui revient à réduire de 80% les émissions
des pays de l’OCDE
dont la France - que les experts du Groupe
international d'étude du climat (GIEC) estiment nécessaire à la
stabilisation du climat de la planète ; sans parler de revenir aux
concentrations de gaz à effet de serre qui existaient dans l’atmosphère au
début du 20ème
siècle, ce qui exigerait des efforts bien plus grands. A l'évidence, le plan
éolien ne changera pas grand chose, pas plus au niveau des émissions
françaises qu’au problème que l'on ambitionne de traiter ce faisant. Comment
peut-on prétendre alors que le problème soulevé - le réchauffement
climatique pour la part dont la France est responsable - aura été traité à
la hauteur de l'enjeu par le plan éolien ? Ce
chiffre confirme que le programme éolien est un coup d'épée dans l'eau qui a
été lancé, pour des motifs autres que techniques. |
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Qui plus est, l’ADEME et le SER, ne manquent jamais de donner une
information biaisée sur cet aspect de la question. Ils soulignent
régulièrement que la France est en retard sur le Danemark et l'Allemagne
dans le domaine de l'éolien recommandé par la Communauté et également en
retard dans la réalisation des objectifs des accords de Kyoto. Il serait
plus conforme à la réalité de dire qu'elle est très en avance sur tous les
pays européens dans la réalisation de l'objectif
visé par la Communauté, puisque les émissions françaises de gaz à effet de
serre sont très largement inférieures à celles des deux pays précités en
dépit de l'ampleur de leur programme éolien (le Danemark, pour une réduction
visée de 21% en 2010 a péniblement obtenu une réduction de 0,4% entre 1990
et 2001; l’Allemagne, pour une réduction visée identique, n’est arrivée à
une réduction de 12,6%, que grâce au remplacement de centrales à charbon par
des centrales à gaz – source CITEPA); qu'elle caracole en tête de toute
l'Europe pour le taux de production d'électricité d'origine renouvelable,
compte tenu de sa production hydraulique, et qu'elle est donc dans une
situation très avantageuse par rapport aux autres pays de la Communauté (qui
plus est la France dépassera largement son objectif de stabilisation de ses
émissions : en effet, dès 2001, ses émissions sont 2,1% en dessous de celles
de 1990 et cela sans recours significatif à l’éolien). Car
c'est la satisfaction de l'objectif qui importe
- le niveau d'émission de gaz à effet de serre en vue de traiter la question
du réchauffement climatique - et non pas le
niveau atteint dans la réalisation du moyen
recommandé - la
production renouvelable, et parmi celle-ci l’éolienne. |
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Pour porter un avis autorisé sur le plan éolien il suffit simplement de
considérer les grandes masses. Du coté des coûts, un investissement
superfétatoire de 10 milliards d'euros et un surcoût annuel de 0,973
milliard d'euros amenés par le plan éolien ; du coté des résultats, une
baisse escomptée des émissions de gaz à effet de serre de la France de 3,38%
: un fiasco complet que l’ADEME, le SER et les écologistes promeuvent
pourtant de façon continue et que le gouvernement n’ose, apparemment, pas
interrompre. |
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Cependant la production d’électricité éolienne contribue à diminuer les
émissions de gaz à effet de serre françaises. |
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Examinons cela de près car les éoliennes ont d’autres défauts majeurs. En
premier lieu, la production éolienne est affectée d’une forte
imprévisibilité : en dépit des progrès réalisés en météorologie, on ne sait
pas prévoir, à l’échelle d’une portion de département, ne serait-ce qu’une
journée à l’avance, ce que sera précisément la vitesse du vent. Or, pour des
raisons théoriques, la puissance fournie par une éolienne est
proportionnelle au cube de la vitesse du vent - une
baisse de vitesse du vent de 20% conduira à une baisse de la puissance
fournie au réseau de 49% -. L’incertitude sur la
production éolienne oblige le responsable du réseau à maintenir en réserve
de production, les centrales qui sont dotées d’une réactivité
correspondant aux contraintes d’imprévisibilité qui lui sont posées. À cause
des restrictions d’emploi dont sont assorties les autorisations
d’exploiter données à EDF, par les autorités de sûreté nucléaire, dans la
variation de leur puissance produite, les centrales nucléaires ne sont pas
autorisées à fournir ces compensations ; car elles sont semblables à un
navire de 300000 tonnes dont l’inertie fait que les changements d’allure ne
peuvent être que très lents. Ces compensations ne
peuvent être fournies que par des centrales thermiques fossiles,
qui seront maintenues en plus grand nombre en production à moindre régime,
donc avec un faible rendement ce qui les fera produire d’autant plus de gaz
à effet de serre. |
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De plus, les caractéristiques techniques des éoliennes les empêchent de
participer aux réglages de la fréquence et de la tension du réseau ; elles
ne contribuent pas davantage aux échanges de puissance réactive. |
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Enfin, pour tous les moyens de production, il est
possible de piloter la puissance fournie par le générateur : il existe,
comme sur un moteur de voiture, l’équivalent d’un accélérateur qui module
instantanément la puissance fournie. Tel n’est pas le cas des éoliennes !
Certes, on peut, par le calage du pas des pales, piloter la puissance
moyenne fournie. Cependant l’inertie de ce système (l’hélice a une masse
d’une dizaine de tonnes) fait que l’on ne peut compenser les variations
instantanées de puissance dues aux rafales de vent, conséquences des
turbulences, lesquelles, on l’a vu ci-dessus, amènent à des variations
énormes de puissance fournie. Il faut donc que le réseau comprenne
des moyens de production capables de compenser ces
irrégularités à court terme : des centrales thermiques fossiles,
seules capables de compenser ces défauts, devront être maintenues en
fonction plus qu’il n’aurait été nécessaire. |
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La conséquence de ces points techniques est qu’il n’est
absolument pas garanti que la masse de gaz à effet de serre générée par la
production électrique française, après achèvement du plan éolien, aura
diminué des 3,38% annoncés, bien que cette perspective soit déjà
ridiculement basse ! |
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A l’appui de cette conclusion il convient de citer
l’extrait suivant d’un récent rapport du Conseil Général des Ponts et
Chaussées : « RTE a chiffré précisément le scénario (scénario de production
d’électricité d’origine éolienne prévu par le plan éolien). Avec une
production d’énergie éolienne portée à 37 Twh, les exportations françaises
passeraient de 40 à 70 Twh, la diminution d’énergie provenant du nucléaire,
du charbon ou du fuel étant quasiment négligeable. Ce sont en réalité les
pays voisins importateurs qui pourront bénéficier d’une diminution de leur
émission de gaz à effet de serre et du bénéfice attendu dans le cadre du
protocole de Kyoto. En simplifiant un peu, on pourrait
dire que le développement de l’éolien en Languedoc-Roussillon par exemple se
fait en important des éoliennes construites en Espagne pour réexporter de
l’électricité dans ce pays, ce qui oblige à créer une nouvelle ligne à haute
tension controversée à travers les Pyrénées ». |
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Une confirmation involontaire de ceci est fournie depuis
peu par l’ADEME. Cette agence a cessé, dans ses nouveaux documents, de
mettre l’accent sur les diminutions d’émission de gaz à effet de serre que
permettait, selon ses écrits précédents, le programme éolien. C’est,
maintenant, une prétendue diminution des déchets radioactifs qui est mise en
avant (alors qu’il n’en est rien comme le prouve le scénario RTE cité
ci-dessus). L’électricité éolienne n’est donc plus, pour l’ADEME, un
substitut à l’électricité d’origine thermique à flamme :
l’ADEME admet implicitement ainsi ses erreurs précédentes. Le plan éolien ne
participe en rien à la lutte contre le réchauffement climatique selon ses
nouveaux écrits. |
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Les dommages causés par les éoliennes à l’environnement
sont faibles. |
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Les éoliennes s’implantent là où le vent est fort, sur
les côtes littorales et sur les lignes de crête et pas où elles seraient peu
visibles. Leur hauteur est très élevée, 120 m pour un engin de 1 MW de
puissance, 150 m – la moitié de la tour Eiffel - et plus pour les plus
puissants. En conséquence leur impact sur le paysage est toujours
exceptionnellement important. Or, on constate que, dans les régions
favorables, les sites d’implantation se multiplient en situation de
covisibilité ; c’est notamment le cas pour les côtes du Finistère Nord, les
collines de l’Aude, où les dégâts causés aux paysages sont déjà énormes. |
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Les implantations d’éoliennes causent d’autres troubles
très importants, compte tenu de la densité de l’habitat et du réseau routier
sur bon nombre des lieux choisis : perturbations dans la réception des
ondes électromagnétiques (difficultés voire impossibilité de recevoir la
télévision et la modulation de fréquence à proximité des sites concernés),
bruits continus dans l’environnement immédiat (paragraphe 7) et effets
stroboscopiques générant des troubles pour les personnes vivant à proximité,
risques importants pour la sécurité des personnes et des biens (paragraphe
8). Ces questions font l’objet de plaintes
répétées par les personnes vivant à proximité des sites d’implantation.
Elles sont, généralement, irréparables. |
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7)Les éoliennes ne font pas de bruit. |
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C'est en partie vrai, en ce sens que, sur les derniers
modèles sortis, les multiplicateurs à engrenages qu’elles comprennent, qui
étaient très bruyants sur les premières générations d’éoliennes, ont vu leur
bruit se réduire notablement. Les derniers modèles installés produiraient, à
300 mètres, un bruit de 45 dBA, soit «un bruit inférieur à celui émis par un
environnement de bureau» font remarquer les fabricants. 45dBA c'est aussi le
bruit généré par un lave linge bien isolé de dernière génération. Mais
accepteriez-vous, sans protester, d’être contraint de devoir dormir dans le
bruit d'un environnement de bureau ou à coté de votre lave linge en
fonctionnement, ou encore toutes fenêtres fermées, été comme hiver, après
les avoir remplacées par des fenêtres à double vitrage isolantes
phoniquement ? C’est pourtant ce que l’on demande de faire, sans protester,
à de nombreuses familles qui ont la chance insigne d’avoir une éolienne dans
leur environnement immédiat ! |
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8)Les éoliennes sont fiables. |
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Lorsque cette question est abordée par les partisans de
l’éolien, le SER et l’ADEME notamment, seuls les éléments propres à rassurer
sont présentés. On indique que les plus grandes précautions sont
prises lors de l’étude puis de la fabrication des éoliennes ; «que les
machines s'arrêtent automatiquement quand la vitesse du vent dépasse 90
km/h ; qu’à l'arrêt, les éoliennes sont conçues pour résister à des vents
violents (250 km/h pendant 5 secondes ou 180 km/h en permanence )». |
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On omet soigneusement, dans ces déclarations, un point
capital : pour qu'il en soit ainsi, il est indispensable
que soient maintenues, d'une part l'hélice en drapeau, d'autre part la
nacelle face au vent. Ces manœuvres nécessitent,
tout à la fois, que les mécanismes d'orientation de la nacelle et de
manœuvre de pas d'hélice ne soient pas en avarie et que la liaison avec le
réseau électrique qui permettra l'alimentation des moteurs électriques
concernés ne soit pas interrompue. Nous ajoutons que la commande de
positionnement de la nacelle est naturellement instable : si le moteur
d'orientation cesse d'être alimenté, l'éolienne se positionnera de façon
telle que l'effort sur l'encastrement du fût ne sera pas minimisé. La
résistance au vent s'en trouvera très largement amoindrie. Or des
situations, d'avarie sur ces mécanismes et/ou de perte du réseau, sont
susceptibles d'intervenir par forte tempête. Des coupures de réseau
interviennent chaque année à la suite de chute de branches ou d'arbres sur
les lignes électriques, plus particulièrement dans ces mêmes circonstances. |
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L’ADEME abordant, lors de sa conférence de presse du 6
avril 2004, les accidents majeurs récents, survenus en France, a cherché à
les minimiser. Il s’agit pourtant d’effondrements d’éoliennes en rotation ou
de projection à longue distance d’éléments de pales suite à ruptures,
survenus par tempête. L’ADEME a étayé sa démonstration sur des données
statistiques provenant du suivi, sur dix ans, d’un parc de 1912 éoliennes
danoises, qui conduisent à une «probabilité totale de destruction d'une
éolienne de 0,00083 par an ». Le dossier de presse souligne ce chiffre comme
étant extrêmement bas. Il s'agit pourtant d'une probabilité unitaire
d'accident par an, donc applicable à chaque éolienne. Ceci étant, il est
alors rudimentaire, appliquant cette donnée d'expérience, de
prévoir statistiquement que la population de plus de
6700 éoliennes (10000 MW de capacité de
production divisés par une puissance unitaire moyenne de 1,5 MW),
dont la France sera équipée à l’achèvement du plan
éolien, conduira à 6700 x 0,00083 soit 5,56 destructions d'éoliennes par an,
en moyenne ! Apparemment cette prévision ne
trouble aucunement cette agence gouvernementale dont l’attention a pourtant
été attirée sur l’inconséquence de son analyse en la matière.
Comment devrait réagir une agence gouvernementale en
charge du transport aérien, par exemple, si on lui demandait d'approuver la
mise en service d'un parc de 6700 avions nouveaux, qui occasionnerait 5,56
crashs annuels en moyenne ?
La désinformation du public par l’ADEME atteint là un
sommet qu’il est difficile d’égaler. Or, compte
tenu de la densité de l’habitat en France, on trouve toujours, à proximité
des éoliennes, des maisons d’habitation, des routes passantes. Des accidents
majeurs, qui entraîneront des pertes de vies humaines sont quasi certains.
Quels hurlements n’entendrait-on pas, par les partisans de l’éolien, si des
générateurs électriques d’un autre type, étaient mis en service sans le
moindre calcul de fiabilité et sûreté prévisionnelles, comme c’est le cas
ici ! |
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Cet éclairage se trouve confirmé par le «Rapport sur la
sécurité des installations éoliennes » qu’a publié en juillet 2004, à la
demande du ministre de l’industrie, le Conseil Général des Mines. Des études
américaines dont les auteurs font état, sans les commenter, estiment à 0,15
morts par térawattheure (TWh) produit la mortalité de l’électricité éolienne ;
ce taux, appliqué à la production annuelle estimée du
plan éolien français, conduit à 5,15 morts, en moyenne, par an.
L’auteur n’a pas connaissance des statistiques des accidents du travail
d’EDF. Il constate cependant, qu’appliqué au seul secteur de la production
d’électricité de cette entreprise (550 TWh en 2001), donc sans les activités
réseau et gestion, un tel taux de mortalité
conduirait à 82 morts annuels dans cette entreprise !
L’énormité de chiffre fait frémir. Peut-on penser un seul instant que les
personnels d’EDF accepteraient, sans réagir, de payer un tel tribut à leur
métier ? C’est pourtant ce à quoi il semble que l’on demande de consentir,
proportionnellement, aux personnels de l’industrie éolienne mais aussi à
ceux qui sont contraints de vivre dans leur environnement. Ce qui serait
inacceptable ici serait donc acceptable là ! |
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De plus, les auteurs reprennent d’autres résultats
d’étude de fiabilité qui constatent une «probabilité d’éjection de pale de
l’ordre de 0,005 … par machine et par an » ; cette
donnée appliquée au parc éolien de 6700 machines conduit à 33 éjections de
pales, en moyenne, par an ! |
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Si l’on ajoute, à ce qui vient d’être mis en lumière, que
le rapport précité indique : « …la sécurité,
les spécifications techniques qui la concernent et plus généralement
le respect de la réglementation
qui l’encadre ne semblent pas être au centre des
préoccupations des professionnels de l’éolien » ; « Certains
(les professionnels de l’éolien) ignorent tout du
sujet (c’est à dire de la sécurité),
s’en désintéressent totalement et déclarent s’en remettre à « une bonne
assurance » » ;
ou encore «…la mission estime que le niveau
d’implication global actuel des professionnels de l’éolien dans la sécurité
est tout à fait insuffisant…»; et aussi «La
sécurité des éoliennes ne semble pas avoir été non plus au centre des
préoccupations des Autorités publiques », on se
rend compte de l’incurie, tant des professionnels
de ce secteur, que des organismes à qui revient son encadrement. |
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Il conviendrait de remédier rapidement et fortement à
cette situation car, des données simples le démontrent, des accidents
majeurs sont quasi certains en nombre important ; des accidents
spectaculaires comportant des morts d’hommes le sont également. |
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9) L'éolien représente une ressource financière
appréciable pour les communes rurales. |
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C'est vrai qu'il s'agit d'une ressource dont tout
politique a rêvé ; de l'argent sans augmenter la pression fiscale sur ses
administrés : l'assurance d'être réélu. Mais combien d'emplois vont se
trouver détruits dans le tourisme rural par le saccage des paysages des
régions touristiques par les éoliennes ? Quelle baisse de fréquentation
touristique la multiplication de ses champs d’éoliennes va-t-elle entraîner
en Finistère par exemple, département que l’auteur connaît bien ? Quels sont
les étrangers qui accepteront de passer leurs vacances dans des contrées aux
paysages massacrés par ces engins ? Pas les Allemands ni les Danois en tout
cas, qui nous disent leur exaspération de se heurter partout, dans leur
pays, à ces machines et qui refusent d'aller là où les paysages ont été
détruits comme chez eux. |
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10) L’installation d’éoliennes va fournir des emplois
précieux, surtout dans des régions défavorisées. |
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La France n’a aucun fabricant d’éoliennes puissantes.
La société Vergnet n’est présente que sur le segment des machines de faible
puissance ; elle n’est pas concernée par les grandes machines dont il est
question ici. Jeumont Industrie, qui a tenté de créer sa propre technologie,
semble avoir renoncé puisqu’il importe maintenant des machines allemandes ou
danoises. Toutes les grandes éoliennes qui s’installent maintenant en France
sont donc importées, notamment les parties à forte valeur ajoutée : hélice,
nacelle, générateur et régulation. Seuls seront réalisées localement les
travaux de génie civil et de raccordement aux lignes électriques ; ce qui
représente moins de 10% du montant de l’investissement. |
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Toutes les grandes éoliennes installées en France sont
donc d’origine étrangère. C’est d’autant plus vrai que
les industriels danois, allemands et espagnols du secteur ont cherché
d’autres débouchés à leur production. Le plan éolien français représente,
pour eux, une opportunité fabuleuse. Pour mieux en profiter, ils ont
créé des sociétés de droit français, portant un nom local, où sont mis en
avant des porteurs de parts minoritaires français, tandis que les
actionnaires majoritaires qu’ils sont ne s’affichent généralement pas. Ces
entreprises, soit lèvent des fonds sur le marché français des capitaux, soit
utilisent leurs fonds propres, afin d’investir dans des projets où ce sont
des machines de leur fabrication qui seront installées. Tel est le cas, par
exemple, de la Compagnie du Vent dont les actionnaires sont le Cabinet Germa
de Toulouse et Energia Hidraulica de Navarra. La Compagnie du Vent a
installé et équipé divers champs d’éoliennes de machines Gamesa Eolica, le
fabricant espagnol d’éoliennes. |
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Qui plus est, on l’a vu lors des travaux menés sur le
site de Plouguin (Finistère), les équipes de montage sont celles du
fabricant, qui viennent avec leurs matériels, leur grue de montage ; les
plaques interdisant aux passants de pénétrer sur le chantier étaient même
rédigées en langue allemande ! On le voit, il ne faut pas attendre beaucoup
de retombées sur l’activité locale lors des travaux d’installation. |
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Il faut noter aussi que tous les sites éoliens sont
télésurveillés et télécommandés : une simple ligne téléphonique suffit pour
effectuer, à longue distance, les opérations de surveillance et pilotage ;
elles n’auront rigoureusement aucun impact sur l’emploi local. |
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Dernier et pas le moindre, les profits exorbitants, payés
par les abonnés d’EDF, dont il a été question aux paragraphes 2 et 3
ci-dessus, seront distribués aux actionnaires des sociétés maîtres d’ouvrage
et donc majoritairement à des intérêts étrangers. Le Canard Enchaîné, dans
un article consacré à l’éolien de son numéro du 14/7/05, indique qu’une
banque allemande lève actuellement des fonds pour investir dans l’éolien
français, en garantissant un rendement de 8,15%, dont on notera qu’ils est
bien inférieur aux 25% indiqués au paragraphe 3 ; mais, comme ajoute le
Canard, « les banquiers ont, paraît-il, des frais ». Dans le même esprit on
notera que le maître d’ouvrage, du projet off shore de Veulettes-sur-Mer
évoqué au paragraphe 3, est la société allemande Enertag. |
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Le plan éolien ressemble donc fort à une machine
infernale destinée à creuser nos déficits commerciaux et à exporter, le plus
légalement du monde, les bénéfices réalisés lors de l’exploitation ! |
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11)Le débat entre pro et antiéoliens est un débat
écologistes contre pronucléaires. |
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C'est inexact et réducteur. Sans aucun doute
les écologistes orthodoxes sont proéoliens, comme ils
sont antinucléaires. Mais toutes les questions
qui sont posées, toutes les remarques qui sont faites ci-dessus, ne
renvoient aucunement au problème du nucléaire. Nous posons la question :
est-ce être pronucléaire que de contester les mensonges assénés par les
antinucléaires sur l'éolien ? Est-ce de la tromperie que de qualifier de «fermes
éoliennes » ces installations industrielles qui n'ont rien d'agricole, afin
de leur donner une coloration bucolique qu'elles ne possèdent pas du tout ? |
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D'ailleurs, sur ce terrain, les
écologistes apparaissent étrangement
schizophrènes : ils veulent que les pays industriels, dont la France,
changent leurs comportements de consommation énergétique pour résoudre la
question fondamentale du réchauffement climatique. Ils
nous disent, avec raison, que la durée de vie du
gaz carbonique dans l'atmosphère est de 100 ans et que,
lorsque le climat sera déréglé, il le restera au
moins pendant 10 siècles parce que l'on n’aura aucun moyen d'action pour le
modifier. Cependant, d'un autre côté, ils
militent pour que la France sorte du nucléaire, ce qui amènerait, par le
remplacement des centrales de ce type par des centrales thermiques fossiles
- seule solution praticable - à multiplier par 1,6 les émissions françaises
de gaz à effet de serre et donc à empirer la situation vis à vis de la
question précédente, bien plus importante pour l’humanité entière !
Où est la raison dans ce comportement complètement
irrationnel ? Vert qui rit égale écologiste qui pleure ! |
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Conclusion |
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Les Associations de protection des paysages ne formulent
aucune position de principe concernant la production d’électricité par
éolienne. Elles acceptent, bien entendu, qu’une politique énergétique soit
mise en œuvre pour l’intérêt supérieur du pays et, qu’en conséquence, il
soit porté atteinte à ce qui leur tient particulièrement à cœur.
Cependant elles y mettent deux conditions : que
les objectifs visés soient clairement affichés, et que les décisions prises
ainsi que les moyens utilisés soient cohérents avec ces objectifs.
Or nous ne parvenons pas à appréhender, jusqu’à présent, dans le plan éolien
français, ni les objectifs, ni la cohérence des moyens utilisés avec ce que
d’aucuns présentent comme étant ces objectifs : aucune de nos questions, de
nos interrogations, ne reçoit une réponse satisfaisante ainsi qu’on l’a vu
dans les paragraphes ci-dessus. Et ce ne sont pas les propos, voire les
écrits, des responsables de certains services publics ou parapublics qui
dissipent nos interrogations en la matière. |
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De quelque façon que l’on examine le plan éolien français,
on ne trouve, qu’un résultat marginal dans le domaine de la lutte contre le
réchauffement climatique, aucune motivation à caractère technique, aucun
avantage économique. Ce n’est donc pas dans ces domaines
qu’il faut s’attendre à trouver les objectifs ou les motivations de ceux qui
l’ont lancé ou qui en maintiennent la réalisation. |
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On est alors conduit à se placer sur le seul plan
politique. Effectivement, apparaissent alors certaines cohérences car la
question de l’éolien a été abordée par les décideurs politiques, à
l’évidence, du seul point vue politique, sans l’éclairer d’abord par ses
aspects technico-économiques : |
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4 A bout de réponse sensée, lorsqu’on
leur a présenté les arguments précédents, les partisans de l’éolien
finissent toujours par conclure : « vous faites
partie du lobby nucléaire ».
C’est l’argument définitif, dont on observera la valeur dialectique, qui
termine la discussion ! Nous en déduisons donc que ce n’est pas plus pour
produire de l’électricité que pour diminuer les émissions de gaz à effet de
serre que le gouvernement Jospin a lancé le plan éolien français, mais
plutôt pour tenter de diminuer l’importance du parc de centrales nucléaires.
Nous en déduisons aussi, que ceux qui utilisent cet argument font partie du
«lobby
éolien parce qu’antinucléaire ».
Avec logique, nous sommes amenés à penser que le
plan éolien a été lancé parce qu’il
constitue une mesure emblématique qui,
si elle ne participe en rien à la lutte contre le réchauffement climatique,
réchauffe le cœur des militants écologistes, car elle
se veut une mesure de disqualification de l’énergie
nucléaire par l’opinion. |
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4Le gouvernement actuel connaît les
insuffisances détaillées ci-dessus. De plus, lorsque nous en parlons avec
des responsables ou des ingénieurs au fait de ces questions et appartenant à
divers secteurs de l’industrie électrique, ils reconnaissent tous les
inconvénients techniques du plan éolien et les pertes économiques énormes
qu’il entraîne. C’est seulement en a parte qu’ils nous disent, sans retenue,
que leurs directions, soumises à des contraintes, ont adopté une position
officielle comportant une grande part de langue de bois. Il est permis de
penser que le débat sur l’énergie qui a eu lieu en 2004 avait pour but
principal de permettre le lancement du programme du nouveau réacteur
nucléaire EPR et que, comme cette décision va à rebours de la pensée
écologiste, le plan éolien a été maintenu, tel un
hochet, pour calmer les ardeurs vertes sur cette décision. |
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Il est dommageable que l’état demande aux consommateurs
domestiques d’électricité et aux paysages de notre pays de payer le coût
énorme de ce hochet. |
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La position officielle sur le plan éolien doit être
revue car il n’apporte aucun avantage réel ou même significatif au pays, qui
soit en rapport avec son coût gigantesque ; ce peut être très simplement
fait, en revoyant à la baisse le prix de rachat prévu par l’arrêté du
8/6/01. |
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Nota : tous les chiffres de ce document sont publics et
vérifiables ; les sources sont citées explicitement. |
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