ministère de l écologie et du développement durable (bilan energie actualise au 21/02/2006)

                                           L UNION EUROPENNE ET LA MAITRISE DE LA DEMANDE D ENERGIE 
                                                           LA FRANCE LES QUATRE OBJECTIFS DE LA LOI ENERGIE
                                                                LES QUATRE MOYENS POUR LES ATTEINDRE
                                                        LES  DIX OBJECTIFS CHIFFRES AMBITIEUX  DU MINISTERE

 

 

Bilan Energie
Créé le 4 novembre 2005           
Actualisé le 21 février 2006

 

 

Bilan Energie au 11.05

 
 
 
La Commission européenne a publié le 22 juin 2005 un Livre vert sur l’efficacité énergétique qui accorde la priorité aux économies d’énergie. Face à la hausse du prix du pétrole et à la perspective d’une couverture à 70% de ses besoins énergétiques par les importations d’ici 2030, l’UE doit renforcer ses efforts d’économie d’énergie. Aujourd’hui, l’UE-25 consomme près de 1725 Mtep ce qui coûte quelque 500 Md €. Si les tendances de consommation actuelles continuent, la demande brute d’énergie devrait s’accroître d’environ 10% sur la période 2005-2020. Le Livre vert, propose un objectif « ambitieux mais réalisable » : une réduction de 20% de la consommation actuelle d’énergie de l’UE par rapport aux projections pour 2020 (environ 1900 Mtep). Le but est de ramener la consommation au niveau de 1990, soit environ 1520 Mtep, c’est-à-dire une économie d’énergie de 380 Mtep ,soit l’équivalent de la consommation actuelle de l’Allemagne et de la Finlande réunies. Selon les études disponibles, la moitié de l’objectif de -20% pourrait être réalisée par la mise en œuvre intégrale des mesures existantes de l’UE (en vigueur ou prévues).
 
Ce qui a marqué l’actualité des derniers mois est la hausse continue du cours du pétrole brut : entre mai 2005 et fin août 2005, le prix du baril est passé de 50 à plus de 66 $, soit une hausse de 32%. Il a même dépassé les 70$ le 29 août. La relance de la politique d’économies d’énergie constitue le 3ème axe de la stratégie présentée le 26 août par le Premier ministre : « il revient aussi à chaque français de faire preuve d’esprit de responsabilité et d’adapter ses comportements à la nouvelle donne pétrolière. »
 
2. La loi de programme fixant les orientations de la politique énergétique
 
La loi de programme n°2005-781 du 13 juillet 2005 fixant les orientations de la politique énergétique est l’aboutissement d’un long processus engagé en janvier 2003 avec le débat national sur les Energies.
 
Ä Contribuer à l’indépendance énergétique nationale et garantir la sécurité d’approvisionnement ;
Ä Assurer un prix compétitif de l’énergie ;
Ä Préserver la santé humaine et l’environnement, en particulier en luttant contre l’aggravation de l’effet de serre ;
Ä Garantir la cohésion sociale et territoriale en assurant l’accès de tous à l’énergie.
 
Ce cap donné à l’action de politique énergétique pour les 30 ans à venir prend une acuité toute particulière avec la conjoncture de prix élevé de l’énergie que nous connaissons aujourd’hui.
 
Ä Maîtriser la demande d’énergie ;
Ä Diversifier le bouquet énergétique ;
Ä Développer la recherche et l’innovation dans le secteur de l’énergie ;
Ä Assurer les moyens de transport et de stockage adaptés aux besoins.
 
Pour cadrer les actions à conduire pour l’application de cette loi, la France se donne les objectifs chiffrés ambitieux suivants :
1     Le soutien à un objectif international d’une division par 2 des émissions mondiales de GES d’ici 2050, ce qui nécessite une division par 4 ou 5 des émissions pour les pays développés ;
2      La réduction en moyenne de 2% par an d’ici à 2015 de l’intensité énergétique finale (rapport entre la consommation énergétique finale et le PIB) et de 2,5% d’ici à 2030 ;
3      La production de 10% des besoins énergétiques français à partir de sources d’énergie renouvelables à l’horizon 2010 ;
4      Une production intérieure d’électricité d’origine renouvelable à hauteur de 21% de la consommation en 2010 contre 14% actuellement ;
5      Le développement des énergies renouvelables thermiques pour permettre d’ici 2010 une hausse de 50 % de la production de chaleur d’origine renouvelable ;
6      L’incorporation de biocarburants et autres carburants renouvelables à hauteur de 2% d’ici au 31 dcembre 2005 et de 5,75 % d’ici au 31 décembre 2010. (avancé à 2008 par décision du Premier ministre).
7      La mise en œuvre de 3 plans mobilisateurs pour les économies d’énergie et le développement des énergies renouvelables :
8      Le plan « l’énergie pour le développement » pour étendre l’accès aux services énergétiques des populations des pays en développement ;
9      Le plan « Face sud » dans le bâtiment doit permettre l’installation de 200 000 chauffe eau solaires et de 50 000 toits solaires par an en 2010 ;
10    Le plan « Terre Energie » pour atteindre une économie d’importations d’au moins 10 millions de tep en 2010 grâce à l’apport de la biomasse pour la production de chaleur et de biocarburants.
 
La loi prévoit également le maintien de l’option nucléaire en France, le nucléaire contribuant à atteindre 3 des objectifs définis par la loi : garantir l’indépendance énergétique nationale et la sécurité d’approvisionnement, lutter contre l’effet de serre et enfin assurer des prix de l’électricité compétitifs et réguliers.
 
Enfin une place toute particulière est réservée aux actions de recherche et développement et aux nouvelles technologies de l’énergie. Une stratégie nationale de recherche sera publiée par le gouvernement et révisée tous les 5 ans, la France se dotant pour la mise en œuvre de 2 agences complémentaires : l’Agence nationale de la recherche et l’Agence de l’innovation industrielle.
 
La loi contient enfin de nombreuses mesures pratiques, outre la transposition de la Directive 2002/91/CE du 16 décembre 2002 sur la performance énergétique notamment :
 
Ä un dispositif de certificats d’économies d’énergie (« certificats blancs ») qui va mobiliser les acteurs du secteur énergétique vers les économies d’énergie ;
Ä la réaffirmation du rôle des collectivités locales qui voient leur capacité à intervenir dans le domaine de la maîtrise de l’énergie étendue ;
Ä l’importance donnée à l’information des consommateurs ;
Ä pour les énergies renouvelables, un système de garantie d’origine est créé ;
Ä des mesures propres à garantir la qualité de fourniture électrique, améliorer la sécurité des réseaux électrique et gazier, et conforter la sécurité d’approvisionnement ;
Ä la loi créé un Conseil supérieur de l’énergie.
 
La loi prévoit enfin que toutes les dispositions relatives au droit de l’énergie seront regroupées dans un code de l’énergie afin de faciliter leur application et leur appropriation par l’ensemble des citoyens.