L’impérieuse nécessité de la réduction des émissions des gaz à effet de
serre conduit parfois à des politiques absurdes, résultats de la
précipitation d’hommes politiques, (pour qui l’écologie représente
d’abord des voix), et de l’avidité d’entreprises, (pour qui le
« vert » représente surtout des profits).
Ainsi du
développement des éoliennes, considérées aujourd’hui comme une source
incontournable d’énergies renouvelables, au même titre que le solaire.
Sans
parler de leur dimension esthétique, ni de leur pollution sonore, que
chacun peut apprécier à sa guise, leur utilité, dans une politique de
croissance durable, est hautement problématique.
Ces
grandes machines sont déployées aujourd’hui à très grande vitesse,
partout dans le monde, du Texas à la Chine, à l’image de l’Allemagne,
qui dispose aujourd’hui du plus grand parc éolien du monde,
représentant une puissance de 25.000 MW. D’autres pays
ambitionnent des niveaux équivalents : le Royaume Uni projette
d’installer une puissance éolienne de 33.000 MW ; les Pays-Bas
parlent de 6.000, seulement en off-shore ; et la France veut
atteindre en dix ans la même puissance que l’Allemagne.
Ces
objectifs, en apparence considérables, sont en fait dérisoires : En
Allemagne, toutes ces éoliennes, saturant le territoire, représentent
à peine 5% de la consommation de l’électricité du pays, contre 25% pour
le nucléaire, qui ne disparaitra pas. En France, où à peine un
huitième de cette puissance est installée, il faudrait construire
1400 éoliennes chaque année pour satisfaire la seule augmentation
annuelle de la consommation électrique ; et plus de 2.100 pour
produire autant qu’une seule centrale nucléaire.
De plus,
c’est une énergie très incertaine, qui ne peut etre produite qu’à des
moments improbables, quand il y a du vent (et pas n’importe lequel)
et donc pas lors d’anticyclone. Au total, une éolienne ne produit
annuellement que l’équivalent de 2000 heures de sa puissance maximale.
Aussi, l’énergie éolienne ne se développe que si est mise en place
une gestion très fine des prévisions météorologiques, avec des
investissements importants, pour intégrer cette multitude de
productions locales dans les réseaux. Cela exige d’énormes
subventions, (qui, en France, portent le taux de rentabilité sur
fonds propre à 22% en moyenne et même à 40% sur les sites les plus
venteux) et l’abandon de bien des contrôles.
Au total,
c’est donc une énergie très envahissante, attirant toutes les
cupidités. Si l’Allemagne a atteint les limites de ce que son territoire
peut supporter, la France est partie dans le même délire : alors que
la loi Montagne et la loi Littoral contrôlent très rigoureusement la
construction d’immeubles et d’usines, les autorités régionales
développent les éoliennes sans pratiquement aucun contrôle : deux
permis de construire ont même été accordés à moins de
Le moment
est venu au moins d’une pause, pour en mesurer toutes les dimensions,
avant que le vent n’emporte nos illusions.