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¨ Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement durable, adoptée en juin 1992, déclare que en son principe 10 que « la meilleure façon de traiter les questions d’environnement est d’assurer la participation de tous les citoyens ».
http://www.debat-energie.gouv.fr/site/index.php
L'éolien apparaît comme l'énergie renouvelable la plus à même de produire, au cours des années à venir, des quantités significatives d'électricité. Les techniques, avec notamment la mise au point récente d'éoliennes de 80 mètres, sont matures. Il s'agit enfin d'une source de production d'électricité théoriquement peu génératrice de gaz à effet de serre , pendant sa période de fonctionnement. Ce dernier point doit être toutefois assorti d'une réserve importante, comme nous le verrons plus loin.
L'énergie éolienne bénéficie enfin dans notre pays de promoteurs industriels déterminés
Restent comme toujours posées les questions de l'intérêt économique, de l'impact environnemental et de la complémentarité par rapport aux autres sources d'énergie.
La compétitivité de l'électricité éolienne
Si la France se lance dans un programme éolien d'envergure, le prix d'installation des éoliennes devrait baisser du fait de l'industrialisation de leur fabrication et des économies d'échelle réalisées. De ce fait, le coût du kWh éolien, aujourd'hui sensiblement plus élevé que celui obtenu à l'aide de moyens classiques (fossiles et nucléaire), devrait baisser au cours des années à venir.
Toute la question est de savoir à quel horizon le kWh éolien deviendra réellement compétitif. Les projections réalisées sur l'évolution des prix sont comme toujours sujettes à caution, chacun ayant intérêt à minimiser les coûts de la technologie qu'il défend et à maximiser ceux des autres. Le Comité des Sages estime toutefois que l'éolien n'a pas encore fait la démonstration de sa compétitivité à moyen terme.
Un des arguments des partisans de l'éolien est que cette énergie a pour vocation de fournir de l'électricité dite « de pointe », électricité plus chère que l'électricité « de base ». Le Comité des Sages n'a pas retenu cet argument pour des raisons sur lesquelles nous reviendrons plus loin. En revanche, l'intermittence de la fourniture ne fait aucun doute.
L'impact environnemental
l impact environnemental est le deuxième écueil auquel pourrait se heurter le développement de l'éolien en France: modification des paysages, bruit, nuisances pour les oiseaux, sont cités par les détracteurs.
Concernant le problème du bruit, il semble que les nouvelles générations d'éoliennes aient considérablement réduit le bruit émis en fonctionnement. Il faut rappeler aussi que la législation actuelle interdit la construction d'éoliennes à moins de 300 mètres des habitations. C'est donc surtout dans le paysage administratif que les éoliennes apparaissent comme des objets nouveaux.
Quant au danger pour les oiseaux, aucune étude d'impact n'a été produite ou même citée lors du Débat.
Aujourd'hui, les acteurs de l'éolien soulignent l'adhésion des populations locales à la mise en place de fermes éoliennes sur notre territoire. Ce point est certes à prendre en compte. Mais il faut souligner que le développement de grandes fermes éoliennes pourrait soulever des problèmes. L'exemple de la Suède est, de ce point de vue, à méditer: en dépit d'une forte sensibilité écologiste qui avait conduit ce pays à s'engager dans la voie du renoncement au nucléaire il y a une vingtaine d'années, les Suédois semblent refuser aujourd'hui le développement de l'éolien dans leur pays, au nom de la préservation des paysages.
Par ailleurs, qu'il s'agisse de ponts, de barrages, de voies de chemin de fer, de lignes à haute tension, d'autoroutes ou de centrales nucléaires, aucune infrastructure de grande ampleur ne se bâtit aujourd'hui en France sur un site vierge sans susciter d'oppositions de toutes sortes. Il est peu probable que les grandes installations éoliennes échappent à cette loi.
Aussi, les partisans de l'électricité éolienne préconisent-ils la mise en place de fermes éoliennes « off-shore » proches des côtes, sur des zones peu profondes de notre plate-forme continentale. On notera que cette solution séduisante entraînera pourtant des surcoûts très importants à la construction et à l'entretien, compte tenu des caractéristiques très agressives du milieu marin, ce qui grèvera fortement la rentabilité des projets.
La complémentarité par rapport aux autres sources d'énergie
Le débat n'a fait qu'esquisser ce point qui est peut-être celui qui porte le plus à discussion. La place de l'éolien, comme énergie complémentaire au nucléaire et à l'énergie hydroélectrique, au sein d'un « bouquet » de production d'électricité, est en effet au coeur d'une contradiction.
D'un côté, l'irrégularité de la production d'électricité éolienne la rend impropre à répondre, de manière permanente, aux besoins récurrents de notre pays en électricité, qui constituent ce que l'on appelle aujourd'hui la « base ».
L'électricité éolienne n'ayant pas pour vocation de fournir cette « électricité de base », il lui reste à fournir « l'électricité de pointe ». Notons d'ailleurs que cette électricité étant payée plus cher, il est logique de s'y intéresser. Mais l'éolien est-il à même de remplir ce besoin? Il faudrait pour cela que les vents veuillent bien souffler au-dessus de notre pays au moment même où les consommateurs et les industries ont de gros besoins en électricité.
Les partisans de l'éolien soulignent que l'intensification du parc, la diversification des lieux d'implantation permettront une production à peu près constante d'électricité éolienne. Il est permis de douter de la validité de cette argumentation: aucune étude n'est venue, au cours du débat, étayer ce point de vue. Enfin, une production constante d'électricité éolienne ne répondrait pas à la demande d'électricité de pointe.
Il apparaît donc en creux, au cours de ce Débat, un scénario moins idyllique du développement de l'éolien. Un scénario dans lequel, pour assurer une continuité de la production d'électricité éolienne, il faudra mettre en service, parallèlement aux nouvelles fermes éoliennes, des centrales « allumables » et « éteignables » à volonté. Aujourd'hui, les centrales les plus à même de remplir cette mission, sur le plan technique et économique, sont des turbines à gaz.
On remarquera à ce propos que le Danemark, qui possède un des parcs éoliens les plus importants d'Europe, fonctionne sur ce modèle dual: éoliennes + centrales thermiques. Et personne, même ses plus chauds partisans, n'envisage que ce soit le nucléaire qui joue ce rôle de substitut de l'éolien en période d'absence de vent.
l'éolien perd sa double étiquette d'énergie « propre » et « renouvelable ». Elle n'est plus vraiment propre puisque co-émettrice de gaz à effet de serre; elle n'est plus renouvelable puisque co-consommatrice de combustibles fossiles, en l'occurrence de gaz.
Un des espoirs des partisans de l'éolien réside dans l'amélioration des capacités de stockage de l'électricité produite. Aujourd'hui, la seule manière de stocker l'électricité consiste à remplir les barrages, lorsque la demande en électricité est faible, pour les vider ensuite, en période de pointe. Cette technique est déjà exploitée au maximum des capacités de stockage des barrages français. Il faudra donc trouver autre chose. Pour l'instant, le Débat n'a pas apporté d'éléments de réponse à ce problème.
Faut-il alors donner un coup d'accélérateur au programme éolien français?
A l'issue du Débat,
le Comité des Sages ne peut que mettre en avant l'argument en faveur de l'éolien qui rencontre un large consensus :
1 • L'éolien est en train de se développer dans de nombreux pays (Danemark, Allemagne, Espagne, Grande Bretagne). Ce développement va entraîner des développements techniques et industriels ;
2 • En développant également son parc éolien, la France favorise la création d'une industrie nationale de l'éolien. Celle-ci sera susceptible d'exporter son savoir-faire à l'étranger;
3 • Enfin, dans l'hypothèse où un bouleversement des conditions économiques rendrait indispensable un fort développement de l'éolien dans notre pays, cette « veille technique et industrielle », une forme d'assurance, nous permettrait de ne pas dépendre de technologies importées pour promouvoir cette filière.
L'objectif pourrait donc être de se rapprocher des niveaux atteints par l'Allemagne et l'Espagne, en levant les obstacles réglementaires, mais des oppositions sont à prévoir dans l'application au niveau régional.
Par ailleurs, il faut veiller à ne pas pénaliser exagérément le prix moyen de l'électricité toutes sources confondues.
Ce chapitre sur l'éolien est l'occasion de rappeler la contrainte majeure que constituent les réseaux en place pour la distribution d'énergie, compte tenu de la difficulté de création de nouveaux réseaux et des seuils d'acceptation des énergies fournies en appoint. La nécessité de nouvelles interconnexions européennes devrait pourtant se traduire à terme par une flexibilité accrue.
Consulter les principaux documents émis dans le cadre du Débat national sur les énergies :
Le livre blanc sur les énergies. Comme Madame Nicole Fontaine, ministre déléguée à l'Industrie s'y était engagée à l'issue du Débat national sur les énergies, les propositions du Gouvernement, intégrées dans le livre blanc sur les énergies sont soumises à la concertation. Pour consulter le livre blanc et les diverses contributions.
Le rapport de M. Jean Besson
M. Jean Besson, parlementaire en mission dans le cadre du Débat national sur les énergies, a remis son rapport à Mme Nicole Fontaine, ministre déléguée à l'Industrie le mercredi 8 octobre 2003. M. Besson a été un relais auprès de l'ensemble des élus locaux, nationaux et européens. Il a notamment assuré les contacts avec l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques et les groupes Énergie des Assemblées.
Consulter le rapport de M. Jean Besson (Format pdf, 1,3 Mo) et ses annexes (Format pdf, 1,6 Mo)
Le rapport du Comité des Sages
Le Comité des Sages a remis son rapport à Mme Nicole Fontaine, ministre délégué à l'Industrie le vendredi 12 septembre 2003. Le Comité des Sages, composé de MM. Edgar Morin, Pierre Castillon et Mac Lesggy a eu pour rôle de veiller à la pluralité, à l'équilibre des débats, à leur qualité pédagogique et à leur médiatisation. Consulter le rapport (Format pdf, 930 ko)
Le bilan et les suites du Débat
Le communiqué en Conseil des ministres du 18 juin 2003 (pdf, 15 ko)
La note d'information correspondante (pdf, 75 ko)
Les comptes rendus du Débat (comptes rendus intégraux validés par les différents intervenants, fiches d'information extraites des dossiers de presse)
Date
Lieu du Débat
Thème du Débat
Documents téléchargeables
24 mai 2003
Paris
Vers une politique énergétique durable
6 mai 2003
Rennes
Nucléaire : énergie d'avenir ou fausse solution ?
5 mai 2003
Rennes
Énergies renouvelables, alternatives ou complément ?
24 avril 2003
Bordeaux
Charbon, gaz, pétrole, atouts et faiblesses : jusqu'à quand ?
15 avril 2003
Nice
Énergie, entreprises et transports : comment concilier compétitivité et responsabilité ?
3 avril 2003
Strasbourg
Energie et vie quotidienne, comment consommer mieux ?
18 mars 2003
Paris
Quels nouveaux défis pour la politique énergétique ?
Les contributions au Débat. Ces contributions proviennent d'organismes professionnels, d'établissements publics, de syndicats, d'associations etc. qui ont ainsi souhaité participer aux Débat national en faisant connaître leur position sur des sujets énergétiques très variés.
Energies comprendre pour choisir. Brochure 16 pages rédigée à l'occasion du Débat.
Télécharger la brochure 16 pages (pdf, 1,1 Mo)
Commander la brochure© Ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, DGEMP, 06/05/2004
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