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  OCDE 34 MEMBRES   27 MAI 2010

Accession : OECD welcomes Chile, Estonia, Israel and SloveniA

 
                      OCDE  30 MEMBRES                  19 Membres union européenne  ....................      Austria, Belgium, the Czech Republic, Denmark,Finland, France, Germany, Greece, Hungary,Ireland, Italy , Luxembourg,  the Netherlands,  Poland, Portugal, the Slovak Republic, Spain,Sweden, the United Kingdom,                                                                                                       + 11 ne  font  pas  partie de l union européenne              Australia,  Canada,  Iceland, ,Japan, Korea, Mexico, NewZealand, Norway,Switzerland, Turkey,  ,United States.
  UNION EUROPEENNE (wikipedia ) 27  membres    19   membres OCDE                                             Allemagne • Autriche • Belgique  Danemark • Espagne  Finlande • France • Grèce • Hongrie • Irlande • Italie • Luxembourg •  Pays-Bas • Pologne • Portugal •  Royaume-Uni  Slovaquie •  Suède • République tchèque  .                                                                                                                                                                                  

 

+ 8 ne faisant  pas partie de l OCDE  

Bulgarie Chypre • Estonie  Lettonie • Lituanie •Malte •Roumanie •Slovénie •

                                    

         CROISSANCE VERTE 20100528             EMPLOIS ????              OCDE RENOUVELABLES 1990/2007           JAPON  -25% EN  2020 ????                              OCDE  SEPT 2009
                PREVISIONS AIE CONSOMMATION MONDE 2030  (Fossiles 81% Eolien 0,6%)             +55% CO2 EN 2030    FEVRIER 2007       
       OCDE RAPPORT 2007  ( PDF 91 pages)  0             FOSSILES PAYS 2005                                         FOSSILES HABITANT 2005       
                    croissance va avec environnement 080305                                                        Consommation énergétique durable et changement climatique   071028            
                                      OCDE inde                                         FRANCE annulation des quotas le  1° Mai 2008
          OCDE 10 FACTEURS CLE DE L ENVIRONNEMENT 2007                          RAPPORT STERN VU PAR OCDE
                                                                     2007 INTENSITE UTILISATION FORETS OCDE 2007                                            
 
 
 
 
 
                                                                             
 
 
 
 
 
 
 
 

https://www.seringas.caissedesdepots.fr/doc/Notesuppressionbanking.pdf

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Consommation énergétique durable et changement climatique

Discours liminaire d'Angel Gurría, Secrétaire général de l'OCDE, CIGI'07, organisé par Centre for International Governance Innovation
Waterloo, Ontario
26-27 octobre 2007

C'est avec grand plaisir que j'aborde aujourd'hui ici un des plus grands défis auquel est confrontée l'humanité - inscrire l'utilisation de l'énergie dans une perspective durable, pour contribuer aux efforts mondiaux de lutte contre le changement climatique. La consommation énergétique, en particulier l'utilisation de combustibles fossiles, est la principale source anthropique d'émissions de gaz à effet de serre. Or l'énergie est aussi ce qui alimente la croissance, surtout pour les économies de la planète en développement rapide. L'enjeu consiste à maintenir la croissance économique, tout en réduisant l'intensité de carbone et en améliorant le rendement d'utilisation de l'énergie.


Les données scientifiques sur le changement climatique sont claires

Le climat a bel et bien commencé à changer, et une action concertée est désormais indispensable pour en prévenir les conséquences les plus néfastes. Selon la mise en garde du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), faute d'agir aujourd'hui pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, on fera peser des risques coûteux sur la société, l'économie et la Terre. Sont notamment à redouter les pénuries d'eau et une sécheresse généralisée, la multiplication des événements climatiques extrêmes, l'élévation du niveau des mers et les marées de tempête, l'affaiblissement des rendements agricoles dans des zones déjà vulnérables, la disparition d'un grand nombre d'espèces animales et végétales, et des risques sanitaires accrus dans beaucoup de régions.

Les pays défavorisés sont plus exposés aux effets du changement climatique, et pourraient bien en pâtir de façon disproportionnée. Cependant, aucun pays n'en sortira indemne. Cet été, le rétrécissement de la calotte glaciaire arctique a été plus accentué que jamais, ouvrant pour la première fois le passage du Nord-Ouest. L'année écoulée a été marquée par une recrudescence d'épisodes de sécheresse, de vagues de chaleur et d'incendies de forêt en Amérique du Nord et en Europe. Dans certaines parties de l'Australie, la sécheresse sévit pour la sixième année consécutive. En Europe, le manque de neige a atteint un record dans les Alpes pendant la semaine des congés de Noël dernier, d'où un impact sur les économies locales.


Une action collective s'impose

Les conséquences de l'inaction sont évidentes. On ne saurait sous-estimer les graves dangers qu'entraîne le changement climatique, non seulement pour l'environnement, mais aussi pour la paix et la sécurité au XXIème siècle. Tel est le constat illustré par la remise récente du prix Nobel de la paix au GIEC et à Al Gore pour leurs travaux sur le changement climatique. Il faut que la communauté internationale se mobilise face à cette menace qui pèse sur notre planète. L'architecture post-Kyoto devra prévoir d'ambitieuses réductions d'émissions pour tous les principaux pollueurs.

Au sein de l'OCDE et de l'AIE, nous travaillons avec nos pays membres et avec les nouveaux acteurs clés de l'économie mondiale - en particulier la Chine, l'Inde, le Brésil et la Russie - à définir les mesures et mécanismes précis susceptibles de nous aider à parer au changement climatique. Pour réduire les émissions et commencer à stabiliser la concentration de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, il faudra procéder à d'importants ajustements, aussi bien dans la répartition des énergies et les technologies de production énergétique utilisées que dans les bâtiments et les systèmes de transport, la conception des produits, l'affectation des sols et les modalités de tarification de produits de base tels que l'eau et l'énergie.


Les politiques nécessaires existent et sont bien connues

Les politiques débouchant sur des économies à faible intensité d'émissions de gaz à effet de serre sont connues. Les taxes, notamment sur le carbone, les permis d'émission négociables, les incitations favorables à une innovation respectueuse du climat, les normes et les réglementations sont autant d'instruments utiles face au changement climatique. Toutefois, une stratégie économique suivie d'effet dans ce domaine ne doit pas seulement retenir les meilleures solutions. Il faut aussi qu'elle les inscrive dans un cadre cohérent. En faisant ressortir les avantages et inconvénients des différents instruments, cette approche permettra de concevoir des panoplies de mesures propres à chaque pays, avec suffisamment de souplesse pour répondre à des besoins particuliers tout en contribuant à réduire grandement les émissions comme l'exige l'objectif d'ensemble. Dans le prolongement de l'entrée en vigueur du Protocole de Kyoto en 2005, les systèmes associant plafonds et échanges d'émissions de gaz à effet de serre se développent dans bien des régions. Le système d'échange de quotas d'émission de l'Union européenne est le plus important ; s'ajoutent des initiatives telles que les dispositifs envisagés en Nouvelle Zélande et en Australie, ainsi que l'initiative régionale sur les gaz à effet de serre (RGGI) lancée par les États du nord-est des États-Unis.


Il faut incontestablement resserrer la coopération internationale. L'essor et l'articulation des incitations existantes fondées sur le marché - notamment le Mécanisme pour un développement propre - peuvent contribuer à apporter le financement propice à une croissance à faible intensité de carbone dans le monde en développement.  


Les problèmes posés par les effets des politiques de protection du climat sur la compétitivité ne sont pas insolubles

De façon générale, le prix mondial du carbone doit être fixé à un niveau suffisamment élevé pour aider à détourner l'investissement et l'activité économique des modes de production et de consommation à forte intensité de carbone et créer des incitations qui favorisent la mise au point et l'utilisation de nouvelles technologies énergétiques propres, ainsi que des formes inédites d'efficacité énergétique. Ce niveau de prix conduira aussi à accélérer la conception et l'application de technologies de piégeage et de stockage du carbone.

Des problèmes de compétitivité s'ensuivent inévitablement pour les industries à forte intensité énergétique. Jusqu'à présent, la plupart des pays qui ont mis en oeuvre des taxes ou des systèmes de permis négociables pour faire baisser les émissions de gaz à effet de serre ont généralement accordé d'importantes réductions ou exonérations aux secteurs les plus énergivores, en compromettant l'efficacité et l'efficience économique des instruments.

À l'évidence, la généralisation d'une telle tarification du carbone ira de pair avec une égalisation des chances pour les entreprises. Quand bien même le nombre de pays en jeu serait plus limité, la baisse de compétitivité n'est pas inéluctable. Mieux vaut inciter les entreprises à opter pour des technologies plus propres et, simultanément, prendre des mesures transitoires pour venir en aide aux individus ou secteurs lésés.  


Taxer les mauvais, ne pas subventionner les bons

En raison des inquiétudes concernant la compétitivité industrielle, plusieurs pays ont axé leurs politiques de protection climatique sur les subventions en faveur des "bonnes" solutions, au lieu de taxer les "mauvaises". Il appartient aux pouvoirs publics de soutenir la R-D fondamentale et d'abattre les obstacles commerciaux. Mais les coûts encourus pour parvenir à un niveau donné d'émissions de gaz à effet de serre vont sans doute augmenter sensiblement si la politique vise avant tout à subventionner les "bons", et non à taxer les "mauvais".    Par ailleurs, en soutenant financièrement les comportements positifs, on risque de verrouiller des technologies qui, ultérieurement, pourraient s'avérer dépourvues d'efficience, car en la matière les jugements portés s'inversent régulièrement. En revanche, taxer les comportements négatifs revient à proposer une incitation systématique en faveur de l'efficience et de l'innovation.

Cependant, dans un certain nombre de pays de l'OCDE, nous avons vu récemment apparaître de nouvelles politiques qui tendent à accroître l'utilisation de biocombustibles et biocarburants. Les allégements fiscaux accordés au seul titre de la production de biocombustibles/biocarburants représentent 15 milliards USD, d'après des travaux de recherche communiqués à l'OCDE. Or, à en juger par nos propres analyses, la production actuelle de biocombustibles/biocarburants n'est en général pas viable économiquement sans subventions notables dans les pays de l'OCDE, tandis que les avantages environnementaux sont aléatoires, et pourraient être bien plus faibles que prévu. 


Les politiques de protection du climat sont abordables

Les politiques ambitieuses qu'appelle le changement climatique passeront nécessairement par un remaniement structurel de l'économie - l'abandon des activités à forte intensité de carbone. Reste la question suivante : quelle est la marche à suivre pour gérer cette transition de manière économiquement efficace et socialement responsable ?

Il ne faut pas surestimer le coût du changement. L'action est à notre portée. À l'OCDE, nous estimons que des mesures d'envergure de lutte contre le changement climatique - par exemple, aller vers une stabilisation des émissions de gaz à effet de serre dans l'atmosphère à quelque 450 ppm - ne réduiraient le PIB mondial que d'un dixième de point de pourcentage environ par an d'ici à 2030, sous réserve de l'adoption de politiques efficientes. Ne rien faire reviendrait beaucoup plus cher. À titre d'illustration, le rapport Stern estime que les coûts du changement climatique pourraient faire perdre à l'économie mondiale 5 à 20 % du PIB si nous ne prenons pas dès maintenant des mesures hardies. Autrement dit, les avantages d'une action précoce sont largement supérieurs aux coûts. 


L'innovation est décisive pour améliorer les perspectives

Dans le cadre de son plan d'action détaillé pour décarboner la planète, qui devrait être prêt à temps pour le sommet des dirigeants du G8 organisé au Japon l'an prochain, l'AIE a publié une importante étude intitulée " Energy Technology Perspectives: Scenarios and Strategies to 2050 ". Celle-ci montre comment les progrès des technologies énergétiques et une meilleure efficacité énergétique peuvent se traduire par une forte diminution des émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2050. L'accent est mis sur l'introduction de technologies clés dans la production d'électricité, le transport, les bâtiments, l'électroménager et l'industrie. Il ressort de l'étude que l'innovation, associée aux incitations voulues, sera déterminante pour améliorer les perspectives de réussite.

Tablant, de façon relativement optimiste, sur l'évolution de diverses technologies peu carbonées d'ores et déjà disponibles, l'étude montre que les émissions pourraient afficher une augmentation de 6 % seulement en 2050 par rapport à aujourd'hui. Selon un scénario encore plus optimiste (baptisé " TECH Plus " par l'AIE), qui suppose une baisse des coûts et des progrès technologiques plus marqués dans des domaines tels que les énergies renouvelables, le nucléaire, l'hydrogène et la pile à combustible, en 2050 les émissions pourraient être inférieures de 16 % au chiffre actuel. Mais cela resterait encore insuffisant. Un certain nombre de pays - le Canada, le Japon et la Communauté européenne, entre autres - considèrent qu'il faut réduire les émissions mondiales de 50 % au moins d'ici à 2050 pour juguler le changement climatique et en éviter les pires effets.

Comment parvenir à de telles réductions ? La tarification des émissions de gaz à effet de serre est l'une des principales incitations à privilégier plus résolument des sources d'énergie peu coûteuses et sans émissions nettes de carbone, et à améliorer l'efficacité de la production et de la consommation d'énergie. Dans les scénarios technologiques de l'AIE que je viens de décrire, le coût marginal de la réduction des émissions à l'horizon 2050 avoisinerait 25 USD/tCO2 (ce qui équivaudrait à augmenter le coût de l'essence de quelque 0.07 USD/litre, ou 0.28 USD/gallon). Il faudrait un signal de prix plus fort pour permettre de réaliser des objectifs plus exigeants de stabilisation du climat. Or, d'après les nouveaux travaux de l'OCDE relatifs aux Perspectives de l'environnement 2008, un objectif climatique plus ambitieux encore resterait abordable, à condition que soient adoptés les politiques requises et un profil optimal de réduction des émissions.

Une tarification du carbone à l'échelle mondiale est donc impérative pour obtenir les réductions d'émissions nécessaires et proposer des incitations en faveur de l'innovation. Mais d'autres mesures doivent s'y ajouter pour remédier aux défaillances du marché et au manque d'information, afin d'assurer le passage rapide à une économie à faible intensité de carbone. Elles englobent des réglementations et des mesures axées sur l'information : durcissement des normes de consommation de carburant, normes d'efficacité énergétique plus rigoureuses pour divers appareils électriques ; codes de la construction plus stricts et obligation d'adopter des systèmes d'éclairage basse consommation, pour ne citer que quelques exemples.

Permettez-moi d'évoquer deux autres questions à prendre en compte dans la mise sur le marché de nouvelles technologies énergétiques. La première se rapporte à l'évolution du marché. Étant donné que le système énergétique actuel, fondé sur les combustibles fossiles, est bien ancré, et que les nouvelles technologies demeurent hasardeuses et coûteuses, les gouvernements peuvent avoir besoin de constituer des partenariats avec le secteur privé pour démontrer la faisabilité des nouvelles technologies. Les partenariats public-privé permettent de partager les coûts et les risques, et encouragent la mise en commun des connaissances et les recherches conjointes. Les entreprises pourront ainsi tirer parti des débouchés commerciaux qu'offrent les technologies vertes. La deuxième question concerne la recherche fondamentale. Force est de constater que 4 % seulement des budgets publics de R-D vont actuellement à l'énergie. Le secteur privé joue bien entendu un rôle important dans l'innovation énergétique, mais il est permis de se demander si les efforts consacrés à la recherche fondamentale sont suffisants pour relever les grands défis énergétiques de demain. L'une et l'autre questions amènent aussi à s'interroger sur les dispositions à prendre pour le transfert de technologies propres et la protection des droits de propriété intellectuelle.

Nous comptons étudier ces deux questions plus avant dans le cadre de la Stratégie de l'OCDE pour l'innovation. Cette Stratégie est conçue comme un ensemble d'analyses de fond et de recommandations mutuellement bénéfiques susceptibles d'aider les gouvernements à élaborer des politiques plus cohérentes et plus efficaces en matière d'innovation. Une place sera donnée au rôle possible de l'innovation dans les solutions aux problèmes climatiques. 


Conclusion

Un consensus se dégage aujourd'hui clairement quant à l'urgence de passer à l'action pour lutter contre le changement climatique. Scientifiquement, le doute n'est plus permis. L'attribution du prix Nobel 2007 n'a été qu'un signal supplémentaire, certes très spectaculaire, dans ce sens.
Encore faudrait-il déterminer comment, et par qui, l'action internationale doit être menée. Des stratégies fort différentes sont en effet mises en avant ! Il existe tout un éventail de moyens envisageables, mais une volonté politique est indispensable pour les concrétiser. Et surtout, une question devra être posée : qui paie quoi ?

À l'OCDE, cela fait maintenant une vingtaine d'années que nous consacrons des travaux aux aspects économiques du changement climatique. Nous avons accumulé une somme de connaissances spécialisées et défini des pratiques exemplaires grâce aux enseignements tirés dans les pays membres. Je crois que nous pouvons largement contribuer à faire avancer le débat et à asseoir l'architecture post-Kyoto sur des bases économiques et financières solides de façon à maintenir les coûts de l'action à un niveau peu élevé, et par conséquent acceptable. En coopération étroite avec les ministères des Finances et de l'Environnement, nous cherchons à mettre en évidence des stratégies économes et équitables pour apporter des solutions au changement climatique planétaire. Je me réjouis d'aborder avec le Canada, et avec vous, cet enjeu de la plus haute importance.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     OCDE Créée en 1961, l'Organisation de Coopération et de Développement Economiques compte 30 pays membres. 

 

    ALLEMAGNE : 27 septembre 1961 AUSTRALIE : 7 juin 1971 AUTRICHE : 29 septembre 1961 BELGIQUE : 13 septembre 1961 CANADA : 10 avril 1961 COREE : 12 décembre 1996 DANEMARK : 30 mai 1961 ESPAGNE : 3 août 1961 ETATS-UNIS : 12 avril 1961 FINLANDE : 28 janvier 1969 FRANCE : 7 août 1961 GRECE : 27 septembre 1961 HONGRIE : 7 mai 1996 ISLANDE : 5 juin 1961 IRLANDE : 17 août 1961 ITALIE : 29 mars 1962 JAPON : 28 avril 1964 LUXEMBOURG : 7 décembre 1961 MEXIQUE : 18 mai 1994 NORVEGE : 4 juillet 1961 NOUVELLE-ZELANDE : 29 mai 1973  PAYS-BAS : 13 novembre 1961  POLOGNE : 22 novembre 1996  PORTUGAL : 4 août 1961  REPUBLIQUE SLOVAQUE : 14 décembre 2000 REPUBLIQUE TCHEQUE : 21 décembre 1995 ROYAUME-UNI : 2 mai 1961 SUEDE : 28 septembre 1961 SUISSE : 28 septembre 1961 TURQUIE : 2 août 1961                      Pour plus d'informations, cliquer ici.
  L'OCDE regroupe 30 pays membres, tous attachés à la démocratie et l'économie de marché. Ses relations de travail avec plus de 70 autres pays et économies, des ONG et la société civile lui confèrent une envergure mondiale. Renommée pour ses publications et ses statistiques, ses travaux couvrent tout le champ économique et social, de la macroéconomie aux échanges, à l'enseignement, au développement, et à la science et à l'innovation.
L' Observateur, le magazine de l'OCDE - diffuse en français et en anglais une information concise, à jour et qui fait autorité sur les grandes questions économiques et sociales à travers le monde. Il va au cœur des problèmes auxquels sont confrontés les pays membres de l'Organisation et les ONG. De ce fait, il constitue un excellent outil d’informations et de référence pour les hommes d'affaires, les universitaires ou les journalistes qui souhaiteraient approfondir leurs connaissances. L'Observateur s’efforce d’être objectif en présentant des articles clairs et succincts sans connotation personnelle ou politique. Tout en s’interrogeant consciencieusement sur les problèmes et les enjeux actuels, l'Observateur se veut être un catalyseur de nouvelles idées. A travers l'Observateur, les experts de l'OCDE livrent un aperçu de la variété des thèmes abordés par l’Organisation. Chaque numéro de l’Observateur analyse dans le cadre d’un dossier spécial l’un des grands thèmes qui fait l’objet d’une recherche en cours. Pour plus d'informations,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                   Énergie : un nouveau souffle                                   Publié le:  février 2007

Le réchauffement planétaire, l’épuisement des combustibles fossiles et les risques géopolitiques rendent inévitable le passage aux énergies renouvelables. Le défi présente des incertitudes considérables, mais l’inaction serait pire. Une stratégie énergétique alternative réaliste est possible.

Existe-t-il une solution miracle pour relever les défis énergétiques actuels ? Au risque de démoraliser ceux qui se réjouissaient d’avoir trouvé la solution avec les fermes éoliennes et les panneaux solaires, la réponse est non. Les technologies des énergies renouvelables, en l’état, ne sont pas en mesure de répondre aux besoins énergétiques de demain. Il en va de même pour l’énergie nucléaire, car il n’existe pas suffisamment de combustible fissile disponible, même pour assurer la totalité de la production d’électricité actuelle. Les défenseurs de l’environnement doivent savoir que, même dans le plus optimiste des scénarios, la majeure partie de nos besoins en énergie continuera à être couverte par des combustibles fossiles pendant un certain temps.

Malgré ce panorama sommaire, il existe de bonnes nouvelles. Nous pouvons changer et, en fait, nous le devons. Il faudra du temps, des efforts et des moyens, mais de nouvelles stratégies pour utiliser l’énergie de manière plus propre, plus sûre et plus économique sont possibles.

Pour l’heure, nous faisons exactement le contraire. Nos habitudes en matière de consommation d’énergie ne sont pas durables : nous polluons, nous gaspillons les ressources, avec des conséquences désastreuses, voire irréversibles, pour l’environnement. C’est la conclusion sévère de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dans l’édition 2006 du World Energy Outlook, parue en novembre. D’après Fatih Birol, économiste en chef de l’AIE, « selon l’évolution actuelle, la situation énergétique mondiale restera vulnérable, polluante et coûteuse ».

Autrement dit, les pouvoirs publics ne peuvent se permettre de poursuivre les mêmes politiques, ils doivent établir des stratégies pour une énergie propre, intelligente et concurrentielle. Ces stratégies doivent s’attaquer à trois problèmes : l’augmentation de la demande d’énergie, la sécurité des approvisionnements et les émissions de CO2, l’une des causes du réchauffement climatique.

Le rapport de l’AIE présente deux scénarios, s’inscrivant dans la période 2004-2030 : un scénario de référence, fondé sur l’évolution probable des tendances énergétiques actuelles, et un scénario alternatif qui décrit les résultats de l’adoption des mesures actuellement envisagées pour constituer un « bouquet énergétique ».

La demande mondiale d’énergie primaire – soit l’énergie sous sa forme initiale, avant transformation – devrait, selon les prévisions, croître de plus de moitié d’ici à 2030, et plus de 70 % de cette demande émaneront de pays en développement, dont 30 % de la Chine à elle seule. Les combustibles fossiles (pétrole, charbon, gaz) continueront d’en représenter la majeure partie, et ce pour une bonne raison : ce sont des sources d’énergie extrêmement denses. Pour une densité de puissance de 1 Watt/m2 dans le cas de la biomasse ou de 10 W/m2 pour l’énergie éolienne, l’équivalence est de 100 à 1 000 W/m2 pour les combustibles fossiles. De plus, de nombreux pays en possèdent de vastes réserves.

La présence de réserves de combustibles sur le territoire national dissipe les craintes de perturbation des approvisionnements. Les catastrophes naturelles récentes, tels les ouragans dans le golfe du Mexique, et les événements géopolitiques comme le différend gazier entre la Russie et l’Ukraine, ou les troubles civils au Nigeria, ont contribué à faire de la sécurité énergétique une priorité.

Mais pour de nombreuses personnes, les émissions de dioxyde de carbone et leur influence sur le climat représentent la principale préoccupation. La thèse, pour le moins fallacieuse, selon laquelle il s’agirait d’un phénomène naturel est maintenant généralement écartée, mais il nous est impossible de concevoir des mesures dont nous pourrions garantir l’efficacité, pour la simple raison qu’aucun précédent ne permet d’étayer nos décisions.

Le récent rapport Stern commandé par le gouvernement britannique prévoit que les températures augmenteront de 2°C en moyenne d’ici à 2035 si rien n’est fait, et qu’il y a 50 % de chances que leur hausse dépasse 5°C à plus long terme, écart aussi grand que celui qui nous sépare du dernier âge glaciaire. Les répercussions sur la géographie physique et humaine seraient immenses. Les pertes de PIB atteindraient environ 5 % par an, 20 % dans le pire des cas.

Nous nous orientons déjà vers une hausse de 55 % des émissions de CO2 à l’horizon 2030. Plus des trois quarts de ces émissions proviendront de pays en développement. De surcroît, pour compliquer encore les choses, le charbon revient à la mode. « Il semble que le charbon est en train de faire un grand retour », dit M. Birol, « avec notamment pour effet que les émissions de CO2 progresseront plus vite que la demande d’énergie ».

Malheureusement, il est évident aujourd’hui que les objectifs d’émissions du Protocole de Kyoto ne seront probablement pas atteints. Toute action ne pourrait avoir qu’une influence marginale sur les émissions avant 2010, en raison de la volatilité des chiffres des émissions : par rapport aux années 90, leurs niveaux sont montés en flèche entre 2000 et 2004, et ceux de la Chine à elle seule ont fait plus que doubler.

Nous pouvons néanmoins, en adoptant les mesures envisagées dans le scénario des politiques alternatives de l’AIE, réduire les émissions de 16 % par rapport au scénario de référence. Pour limiter les émissions à leur niveau actuel, la mise en oeuvre de toutes les mesures envisagées, couplée à une innovation technologique sans précédent, s’imposerait. En bref, il faudrait une volonté politique formidable.

Il y a lieu de s’attendre à des résistances. Les gouvernements auront du mal à convaincre les entreprises de l’urgence et de la nécessité d’appliquer de nouvelles mesures, et ils devront créer des incitations s’ils veulent être suivis. Les activités de recherche et de développement étant principalement privées, les pouvoirs publics devront créer un climat propice à l’investissement.

Car l’investissement devra être massif. Jusqu’à 20 000 milliards de dollars devront être mobilisés pour construire des infrastructures énergétiques, dont plus de la moitié dans les pays en développement. Cela ne sera pas une tâche facile. Toutefois, les mesures prévues dans le scénario alternatif seraient payantes : par rapport au scénario de référence, l’investissement cumulé se monterait à 560 milliards USD de moins, et les consommateurs économiseraient 8 100 milliards sur les carburants. Si les avantages économiques l’emportent sur les coûts, pourquoi cette difficulté à mettre en oeuvre les nouvelles politiques ?

Rappelons qu’il n’y a pas de pénurie d’énergie. Les prix sont élevés, mais les réserves très abondantes. Les arguments qualifiant le réchauffement climatique d’inévitable et de cataclysmique n’ont pas persuadé tout le monde. Et des difficultés immenses demeurent. L’énergie renouvelable issue de fermes éoliennes ou de biocarburants requiert de grandes étendues de terres ; or, le monde sera très peuplé en 2030, et la majorité des terres arables sera utilisée pour produire des aliments.

Améliorer l’efficacité énergétique est le moyen le moins coûteux et le plus rapide de répondre à la demande d’énergie, car l’investissement en infrastructures énergétiques qu’il nécessite est minime. Pourtant, le consommateur se soucie très peu du rendement énergétique quand il achète des appareils électroménagers. Et malgré le ralliement de principe à la sobriété énergétique (essentiellement motivé par les prix des carburants) des acheteurs de voitures aux États-Unis et, de plus en plus, en Europe, ceux-ci préfèrent encore les voitures plus grandes parce qu’ils les jugent plus sûres et confortables.

Au fur et à mesure que l’on descend la filière du producteur jusqu’au consommateur, les décisions sont davantage prises par des individus que par des entreprises ou des organisations, c’est pourquoi il est difficile de les harmoniser. Des informations incomplètes sur les performances énergétiques, la méconnaissance des économies potentielles, ainsi que les préférences et les craintes individuelles compliquent la mise en oeuvre de nouvelles mesures. L’incertitude sur la faisabilité de certaines technologies, par exemple celles du stockage du carbone ou du traitement des déchets nucléaires, n’accroît certainement pas la confiance. Les décideurs publics travaillent, si ce n’est dans l’obscurité, au mieux dans la pénombre, et il ne peut en être autrement face à un défi d’une ampleur inégalée à ce jour.

S’il n’y a pas de fumée sans feu, l’inverse est tout aussi vrai. Car nos sociétés ont besoin de toujours plus d’énergie et tous les moyens seront bons pour s’en procurer, ce qui implique plus de fumée. Notre voie n’est cependant pas durable.

En l’ignorant, nous courons peut-être à la catastrophe. Heureusement, nous avons le choix.

Pour construire son scénario des politiques alternatives, l’AIE a analysé plus de 1 400 politiques et mesures, toutes actuellement étudiées par divers gouvernements. Il ne s’agit pas de voeux pieux : les émissions de CO2 diminueraient de 40 % si seulement douze de ces politiques étaient adoptées.

Pour M. Birol, les décisions qui seront prises dans les dix prochaines années seront cruciales pour deux raisons. D'abord, dans de nombreux pays de l'OCDE, les centrales électriques construites au lendemain de la Seconde Guerre mondiale seront mises hors service. « Le type de technologie que nous choisirons sera déterminant pour les 50 prochaines années, parce qu'une centrale dure 60 ans », affirme-t-il. La seconde raison est liée au développement : de grands pays, tels l'Inde et la Chine, sont en plein essor et multiplieront les investissements énergétiques pendant la prochaine décennie. Selon M. Birol, « si ces investissements ne tiennent pas compte du développement durable, nous devrons en supporter les conséquences pendant les 50 à 60 prochaines années, voire plus longtemps ». L.T.

Références

AIE (2006), World Energy Outlook 2006, Paris.

Contactez Fatih.Birol@iea.org

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o                                            • Voir www.worldenergyoutlook.org

o                                            • Voir aussi www.oecd.org/energie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

UNFCCC Executive Secretary praises Japan's emission reduction plans
Tokyo, Japan
7 September 2009
In a speech delivered at the Asahi World Environment Forum in Japan, Yvo de Boer praised the country's plans to cut greenhouse gas emissions by 25 per cent below 1990 levels by 2020. Japan had shown leadership in climate change, he said, by spearheading climate-friendly technologies and by making its economy one of the most energy-efficient in the world. He highlighted renewed economic opportunities that exist through embarking on a green growth strategy, such as enabling the private sector to retain its global leadership role in clean technologies.
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                                                                                              MEMBRES 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                           co² par habitant ocde 2005

 
%CH+GAZ+ FUEL / U.E %CH+GAZ+ FUEL / OCDE pays POP CH+GAZ+  FUEL/  POP si % = France 24.07 %ECART
20,17 3,89 Allemagne 82466,00 34,67 198 30,58
16,15 3,11 France 61000,00 24,07 147 0,01
13,69 2,64 Royaume-Uni 60209,00 34,42 145 30,07
10,84 2,09 italie 58134,00 29,05 140 17,14
8,50 1,64 Espagne 43400,00 28,02 104 14,10
5,44 1,05 Pologne 38161,00 23,32 92 -3,23
4,79 0,92 Pays-Bas 16320,00 46,80 39 48,57
1,81 0,35 Grece 11104,00 26,11 27 7,81
1,59 0,31 Portugal 10563,00 21,77 25 -10,54
3,31 0,64 Belgique 10479,00 40,07 25 39,93
2,65 0,51 République tchèque 10220,00 37,05 25 35,04
1,62 0,31 Hongrie 10087,00 22,20 24 -8,44
3,05 0,59 Suède 9030,00 20,30 22 -18,58
2,01 0,39 Autriche 8233,00 32,58 20 26,11
1,15 0,22 Danemark 5416,00 30,15 13 20,17
2,05 0,39 Finlande 5246,00 36,66 13 34,34
0,89 0,17 Irlande 4130,00 35,67 10 32,51
0,28 0,05 Luxembourg 455,00 97,14 1 3,32
99,99 19,28 444653,00 298,91

 

 

 

 

 

 

                                                                           intensite d utilisation des ressources forestieres   ocde

                       

 

 

 

 

                                                 10 FACTEURS CLE ENVIRONNEMENT  2007

 

                                                       RAPPORT COMPLET OCDE 2007
1. CHANGEMENT CLIMATIQUE – intensités d'émission de CO2 et de gaz à effet de serre

2. COUCHE D'OZONE – substances appauvrissant la couche d'ozone.

3. QUALITÉ DE L'AIR – intensités d'émission de SOx et de NOx
4. PRODUCTION DE DÉCHETS – intensités de production de déchets municipaux
5. QUALITÉ DE L'EAU DOUCE – taux de raccordement aux stations d'épuration
6. RESSOURCES EN EAU DOUCE – intensité d'utilisation des ressources en eau
7. RESSOURCES FORESTIÈRES – intensité d'utilisation des ressources forestières
8. RESSOURCES HALIEUTIQUES – intensité d'utilisation des ressources halieutiques
9. RESSOURCES ÉNERGÉTIQUES –intensité d’utilisation de l’énergie
10. BIODIVERSITÉ – espèces menacées

 

                                                                           

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                                   CONSOMMATION ENERGIE PRIMAIRE MONDE 2004 2030  AIE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                              FOSSILES 2005PAYS

 

 
 
   Intensité  énergétique NUCLEAIRE  MTEP CHARBON MTEP mtep petrole Mtep GAZ NATUREL Mtep  AUTRES TOTAL Mtep CH+   GAZ+   FUEL  % SUR PAYS
 
 
TOTAL MTEP
Irlande 15,29 0,12   2,69 8,57 3,47 0,57 15,3 14,73 96,34
Pologne 92,97 0,47   54,61 22,14 12,23 3,98 92,96 88,98 95,71
Australie 121,96 0,26   54,32 37,87 23,04 6,72 121,95 115,23 94,48
Grece 30,98 0,17 - 8,95 17,69 2,35 1,98 30,97 28,99 93,58
Pays-Bas 81,85 0,2 1,04 8,19 32,88 35,31 4,42 81,84 76,38 93,32
Luxembourg 4,78 0,2   0,08 3,16 1,18 0,35 4,77 4,42 92,47
italie 185,19 0,16   16,47 81,78 70,63 16,3 185,18 168,88 91,19
Fédération de Russie 655,49 1,87 39,3 103,39 133,41 349,57 29,86 655,48 586,37 89,46
Mexique 176,53 0,28 2,82 8,74 103,84 44,19 16,94 176,53 156,77 88,81
Royaume-Uni 233,93 0,14 21,3 37,68 84,68 84,87 5,42 233,92 207,23 88,59
Turquie  85,21 0,35 - 22,47 29,9 22,79 10,06 85,22 75,16 88,21
Afrique du Sud 125,79 0,79 2,94 91,94 15,58 1,78 13,54 125,78 109,3 86,89
États-Unis 2340,29 0,21 211 555,66 952,84 509,41 111,1 2340,29 2017,91 86,22
Portugal 27,17 0,23   3,35 15,9 3,75 4,17 27,17 23 84,65
Chine 1717,15 0,91 13,8 1087,6 318,36 40,14 257,2 1717,13 1446,12 84,22
République tchèque 45,21 0,67 6,47 20,19 9,98 7,7 0,87 45,21 37,87 83,76
Espagne 145,2 0,21 15 20,49 71,28 29,84 8,6 145,21 121,61 83,75
Danemark 19,61 0,11 - 3,72 8,21 4,4 3,29 19,62 16,33 83,27
Allemagne 344,75 0,18 42,5 81,69 123,4 80,83 16,33 344,74 285,92 82,94
G7 4182,54 0,18 496 845,97 1683,2 937,9 219,3 4182,53 3467,08 82,89
Japon 530,46 0,11 79,4 112,07 251,69 70,54 16,74 530,46 434,3 81,87
Corée 213,77 0,34 38,3 49,47 96,16 27,37 2,52 213,77 173 80,93
Hongrie 27,76 0,47 3,62 3,07 7,23 12,09 1,75 27,76 22,39 80,66
OCDE, total 4547,6 0,2 611 130,27 2249 1 211,44 345,5 4547,6 3590,71 78,96
UE-27 1815,73 0,2 260 316,98 669,73 444,64 123,7 1815,24 1431,35 78,83
Autriche 34,36 0,16   4,06 14,5 8,26 7,54 34,36 26,82 78,06
Canada 271,95 0,33 24 27,98 97,37 80,63 41,99 271,96 205,98 75,74
Belgique 56,65 0,23 12,4 5,09 22,79 14,11 2,26 56,65 41,99 74,12
République slovaque 18,83 0,74 4,67 4,24 3,46 5,88 0,58 18,83 13,58 72,12
Nouvelle-Zélande 16,91 0,27   2 6,82 3,19 4,89 16,9 12,01 71,02
Inde 591,35 0,92 4,51 207,98 128,58 23,84 226,4 591,34 360,4 60,95
Suisse 27,15 0,1 6,11 0,15 12,79 2,78 5,32 27,15 15,72 57,9
Finlande 34,96 0,25 6,06 4,93 10,7 3,6 9,66 34,95 19,23 55,01
Brésil 224,81 0,34 2,57 13,69 88,45 20,71 99,39 224,81 122,85 54,65
France 275,97 0,19 118 14,42 91,44 40,98 11,45 275,96 146,84 53,21
Norvège 32,12 0,17   0,78 14,17 1,16 12,03 28,14 16,11 50,16
Suède 52,17 0,19 18,9 2,62 14,87 0,84 14,98 52,17 18,33 35,14
Islande 3,63 0,34   0,1 0,89   2,64 3,63 0,99 27,27

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

«Pour l'OCDE, croissance économique et environnement peuvent aller ensemble»


 

 

«Pour l'OCDE, croissance économique et environnement peuvent aller ensemble»

05/03/2008 10:59
A l’occasion de la publication du rapport «Perspectives de l’environnement de l’OCDE à l’horizon 2030», Tom Jones, chef de la division des politiques nationales à la direction de l’environnement de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), évoque les progrès à faire au niveau mondial. Il revient également sur certains dispositifs économiques promus par l’OCDE pour réduire les impacts néfastes des activités humaines sur l’environnement.

Evaluer

Une nouvelle édition des «Perspectives de l'environnement de l'OCDE à l'horizon 2030» a été rendue publique le 5 mars à Oslo, 7 ans après la précédente. Pour la première fois, l’étude s’intéresse aussi bien aux pays membres de l’OCDE qu’aux grand pays émergents. Elle dresse un bilan exhaustif des progrès et lacunes relatifs à différents sujets environnementaux (changement climatique, biodiversité, eau, problèmes sanitaires...), et propose des solutions pour faire face à ces défis. L’OCDE estime que les coûts, qui sont abordables, «augmenteront considérablement si des actions ne sont pas engagées dès à présent.»

 

Entre les dernières perspectives qui datent de 2001 et celles qui viennent de sortir, quelles conclusions tirez-vous?

Certains progrès ont été faits, mais pas de révolution… Des lacunes demeurent dans les domaines du climat, de la biodiversité et de l’eau. En ce qui concerne la santé liée à l’environnement, il y a des améliorations au sein des pays de l’OCDE, mais pour les pays non membres, les coûts de l’inaction sont importants.

C’est l’OCDE qui a introduit le principe pollueur-payeur (PPP) sur la scène internationale. Quand s’est-il mis en place?

L’idée remonte à 1972 (1). Au départ, il s’agissait de s’assurer que les pollueurs paient pour la mise en œuvre des recommandations environnementales décidées par les gouvernements. Le principe a ensuite été étendu pour inclure les coûts liés à l’administration de la réglementation en 1975, et les pollutions accidentelles en 1989. Ce n’est qu’en 1992 que les pays membres de l’OCDE ont formellement accepté l’idée que la prévention, le contrôle et les coûts liés aux dommages environnementaux devaient être pris en charge par le pollueur. Le PPP a donc été engendré par l’OCDE, mais il a maintenant commencé sa vie comme principe économique, et il se transforme peu à peu en principe légal.

L’OCDE est favorable à un accord global sur les échanges de quotas d’émission de gaz à effet de serre. Pourquoi?

Les permis négociables sont un des outils mis en avant, car ils donnent plus de flexibilité aux industriels pour répondre aux problèmes environnementaux, tout en permettant une efficacité économique et environnementale. Le rapport qui vient d’être publié montre que si un accord global sur la réduction des GES était possible, les coûts de diminution des émissions de GES seraient énormément réduits par le système des permis. Toutefois, on ne peut pas imaginer un système n’incluant pas les pays qui ne font pas partie de l’OCDE.

Ce dispositif peut-il et doit-il être appliqué à d’autres thèmes environnementaux, comme l’eau et la biodiversité?

Les permis négociables figurent dans la palette d’outils dont disposent les Etats membres de l’OCDE depuis les années 1970. Il est plutôt utilisé dans le domaine des émissions atmosphériques, comme aux Etats-Unis, où celles de dioxyde de soufre (SO2) sont contrôlées de cette façon depuis plusieurs années. Certains pays ont aussi envisagé la possibilité d’étendre ce système à d’autres problèmes environnementaux. Il est ainsi utilisé pour contrôler la pollution de l’eau, mais à petite échelle, notamment aux Etats-Unis. Mais pour la biodiversité, comment mettre en œuvre un système efficace sur un sujet aussi vaste?. Avec les GES, on peut quantifier le but environnemental, qui est de réduire les émissions d’une certaine valeur. Mais avec la biodiversité, ce n’est pas évident: mesure-t-on une réduction du nombre d’extinctions? autre chose?

De manière générale, l’OCDE n’oppose pas croissance économique et environnement. Pourtant, une politique environnementale peut avoir des impacts sur les entreprises.

De notre point de vue, croissance économique et environnement peuvent aller ensemble. Par exemple, les normes environnementales sont sévères dans les pays les plus riches et donc, plus les habitants ont des revenus élevés, plus ils peuvent protéger leur environnement. Par ailleurs, de nombreuses industries ne polluent pas directement, mais par l’intermédiaire du transport, et nous sommes assez optimistes à l’OCDE; à terme, les technologies vont, trouver des solutions.

 

Mais certaines entreprises ne délocalisent-elles pas leur production vers des pays plus pauvres pour éviter les normes environnementales?

Il n’y a pas de gros problèmes de délocalisation pour ces raisons, car les coûts liés à l’environnement ne sont pas déterminants dans le total des coûts d’une entreprise. La délocalisation à cause de contraintes environnementales est plus une crainte qu’une réalité. Bien sûr, dans certains secteurs, les coûts environnementaux sont importants, c’est pourquoi il faut les inclure dans un accord international où tout le monde est soumis aux mêmes règles.

L’idée de créer une Organisation des Nations unies pour l’environnement (Onue) a été évoquée par certains Etats membres, dont la France. Qu’en pensez-vous?

Même si je peux comprendre ce souhait, je suis réticent à l’idée d’instaurer une nouvelle institution, car existe déjà le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue). Le vrai problème n’est pas l’institution elle-même, c’est l’absence d’accords véritablement contraignants à l’échelle globale en environnement, contrairement à d’autres domaines comme celui du commerce.

(1) «Recommendation by the OECD Council on Guiding Principles concerning International Economic Aspects of Environmental Policies», 1972
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                              CROISSANCE VERTE 20100528                                         PDF 120 PAGES

 

La plus grave crise économique qu’il nous ait jamais été donné de connaître est en train de s’estomper, mais un retour à la normale n’est pas à l’ordre du jour. Partout dans le monde, les gouvernements sont confrontés à un triple défi des plus délicats, à savoir des niveaux de chômage record, des déficits budgétaires non viables et une croissance atone, et ce dans un contexte où les préoccupations environnementales et climatiques revêtent une importance grandissante dans la politique économique.

 

C’est donc un véritable prodige que les gouvernements devront réaliser pour relever ces défis de manière efficiente et créer les conditions d’une trajectoire de croissance durable. Mais comment y parvenir, alors que les moteurs traditionnels de la croissance tournent au ralenti ? Nous devons miser sur de nouvelles sources de croissance. La panacée n’existe pas, mais deux possibilités peuvent de toute évidence être mises à profit : l’innovation et la croissance verte.


Dans ce contexte difficile, les ministres de 34 pays rassemblés l’année dernière pour la réunion du Conseil de l’OCDE au niveau ministériel ont fait preuve de clairvoyance en décidant de lancer l’élaboration d’une Stratégie pour une croissance verte. Le mandat donné était clair : la croissance peut être – et doit être – verte. Il a été confié à l’OCDE – à juste titre au vu de son expérience en matière de politiques pluridisciplinaires.


Depuis plusieurs décennies déjà, l’OCDE s’emploie à étudier la lutte contre la dégradation de l’environnement et le changement climatique sous l’angle économique. D’après notre expérience, il faudra recourir à une large panoplie intégrée d’instruments d’action pour susciter une croissance verte vigoureuse. Les instruments fondés sur les mécanismes du marché y tiendront un rôle primordial. Parmi les moyens d’action les plus efficaces, il y a ceux qui permettent d’assurer la justesse des prix et d’encourager l’investissement dans les technologies vertes, ainsi que l’arrêt des politiques dommageables comme les subventions aux énergies fossiles. Le développement de ces instruments figure parmi les options les plus avisées. Les politiques qui promeuvent plus généralement l’innovation seront également cruciales pour créer des secteurs d’activité, des entreprises et des emplois verts.


La Stratégie de l’OCDE pour une croissance verte mettra en évidence les principaux obstacles que nous devons surmonter. Elle proposera aux décideurs des outils pratiques pour assurer la transition vers une économie plus verte. Et elle visera à offrir aux pays de l’OCDE et aux économies émergentes un instrument utile et accessible dans leur quête individuelle et collective des moyens de créer une nouvelle trajectoire de croissance durable.


Ce rapport intérimaire présente une série de réflexions initiales afin de mieux faire comprendre les défis et les opportunités qui sont devant nous, et évalue certaines des mesures prises dans le contexte de la crise. Il est le fruit des travaux des pays de l’OCDE et de ses partenaires, et il a bénéficié des points de vue d’acteurs de la communauté des affaires et de la société civile. La réunion du Conseil de l’OCDE au niveau ministériel de 2010 sera essentielle pour faire avancer la Stratégie et apporter ainsi une contribution fondamentale à la promotion d’une croissance et d’un bien-être durables et « verts ».
 
Angel Gurría
Secrétaire général de l’OCDE
 

Généralités


La montée des préoccupations suscitées par l’absence de viabilité écologique des trajectoires de croissance économique antérieures et la prise de conscience du risque de crise climatique qui menace notre avenir font clairement apparaître que les problèmes environnementaux et économiques ne peuvent plus être considérés isolément. Dans le même temps, la crise économique et financière a offert la possibilité de mettre en place des politiques visant à favoriser une relance de l’économie et de la croissance davantage fondée sur la viabilité écologique et sociale. Une vision stratégique est nécessaire pour faire en sorte que les politiques que les gouvernements mettront en place, durant la sortie de crise et au-delà soient les mieux adaptées en termes d’efficience économique, d’intégrité environnementale et d’équité sociale, et qu’elles soient cohérentes aux plans tant national qu’international.


Qu’est-ce que la croissance verte ? 

Dans ce contexte, la croissance verte apparaît de plus en plus aux yeux des pays comme un moyen de poursuivre la croissance économique et le développement, tout en prévenant la dégradation de l’environnement, l’appauvrissement de la biodiversité et l’exploitation non viable des ressources. Elle prend appui sur les initiatives lancées dans de nombreux pays soucieux de parvenir à un développement plus durable, et vise à identifier des sources plus propres de croissance, tout en tirant parti des possibilités de développer de nouveaux secteurs d’activité, technologies et emplois verts et en gérant les changements structurels qu’impliquera la transition vers une économie plus verte. Il conviendra de saisir ces nouvelles opportunités tout en maîtrisant les conséquences de la transition pour l’emploi et ses autres effets redistributifs dans les secteurs plus traditionnels.. La croissance verte nécessitera également de faire appel à de nouveaux outils de mesure, non plus axés sur le seul bien-être matériel, mais prenant également en compte la qualité de l’environnement, la rareté des ressources naturelles et la qualité de vie.


L’action en faveur de la croissance verte devra s’inscrire dans une stratégie intégrée conjuguant avec efficacité les aspects concernant l’offre et la demande, aussi bien à l’échelle macroéconomique qu’au niveau sectoriel. L’adoption de telles stratégies peut contribuer à assurer que la croissance verte n’est pas une simple réponse à court terme à la crise, mais qu’il s’agit bien d’une dynamique de transformation des procédés de production et des comportements de consommation.


Comment sera élaborée la Stratégie pour une croissance verte ? 

Si la croissance verte s’impose à tous les pays, les politiques et approches choisies pour la promouvoir devront être soigneusement adaptées en fonction des spécificités de chacun. Pour la majorité des pays émergents et en développement, l’éducation de base, la sécurité alimentaire et la fourniture de services essentiels tels que l’approvisionnement en eau et l’assainissement demeureront les objectifs prioritaires. Parallèlement, ces pays se caractérisent par le fait qu’un pan relativement important de leur économie est directement tributaire de leurs ressources naturelles et qu’ils sont particulièrement vulnérables aux répercussions du changement climatique, notamment sur la sécurité alimentaire et l’accès aux ressources en eau. Dans ces conditions, leur développement économique dépendra de la mise en œuvre de mesures d’adaptation au moment opportun, et d’une gestion rationnelle des ressources naturelles dont dépend leur économie.


L’OCDE remettra un rapport de synthèse de la Stratégie pour une croissance verte, à la RCM de 2011 qui fournira aux gouvernements des pays membres de l’OCDE et des pays partenaires des outils spécifiques et des recommandations d’action qui les aideront à déterminer les moyens les plus efficaces d’opérer la transition vers une économie verte. Le rapport intérimaire de 2010, énonce des constatations préliminaires concernant un certain nombre de problèmes importants auxquels sont actuellement confrontés les décideurs désireux de promouvoir une croissance verte. Celles- ci n’abordent par conséquent qu’une partie de l’ensemble beaucoup plus vaste des questions qui seront traitées dans le rapport de synthèse de 2011.


Comment faire évoluer la production et la consommation pour parvenir à une croissance plus verte ? 

La Stratégie définira un cadre pour faire en sorte que les politiques de croissance verte contribuent à une plus grande intégration économique, à la coopération technologique et la réduction des pressions sur les ressources environnementales mondiales peu abondantes. Elle soulignera l’importance de veiller à ce que les politiques de croissance verte ne renforcent pas le protectionnisme.


Les stratégies de croissance verte nécessiteront une association de divers moyens, y compris des approches basées sur l’économie de marché, des régulations, des normes, des mesures de motivation concernant la RD, et des mesures d’informations qui faciliteront les choix du consommateur. D’une façon générale, l'idée de faire payer la pollution ou la surexploitation d'une ressource rare en recourant à des mécanismes tels que taxes, redevances sur les ressources naturelles ou permis échangeables devrait occuper une place centrale dans la panoplie de mesures envisagées, notamment afin d’envoyer un signal de marché clair et crédible.

 

Toutefois, les seuls instruments de marché ne suffiront pas à faire évoluer les modes de production et de consommation dans le sens de la croissance verte. Une réglementation sera nécessaire si des défaillances du marché affaiblissent la réactivité des agents aux signaux de prix, ou lorsqu’une interdiction totale de certaines activités apparaît indispensable (production et utilisation de produits chimiques toxiques, par exemple). D’autres approches, faisant notamment appel aux instruments volontaires ou fondés sur l’information, comme la spécification de l'efficacité énergétique et l'éco-étiquetage, peuvent jouer un rôle très positif en sensibilisant les consommateurs et les producteurs aux dégâts environnementaux causés par certaines activités, ainsi qu'à l'existence de solutions de rechange moins polluantes.


Quel peut être le rôle de l’innovation ? 

L’innovation sera un moteur déterminant dans la mise en place d’économies vertes et la création d’emplois. Les politiques d’accélération du développement et de la diffusion des technologies propres, ainsi que la connaissance associée seront une autre partie essentielle de cet ensemble de politiques. Comme l’indique la Stratégie de l’OCDE pour l’innovation, il faudra agir sur plusieurs fronts, notamment en faisant appel aux outils basés sur les prix et à des mesures d’incitation destinées aux entreprises qui s’engagent dans des activités vertes, et en intervenant au niveau des marchés publics et du financement de la recherche fondamentale. L’élimination des obstacles aux échanges de technologies propres et à l’entrée de nouvelles entreprises, de même que l’amélioration des conditions d’entrepreneuriat, seront deux éléments essentiels, sachant que les innovations les plus radicales sont souvent à mettre au compte de jeunes entreprises.

 

Il est également nécessaire de dynamiser et d’élargir la coopération multilatérale dans le domaine de la science, de la technologie et de l’innovation. La Stratégie abordera ce dernier aspect et passera en revue les problèmes à résoudre pour associer les pays en développement aux efforts entrepris, ainsi que les arrangements financiers, le renforcement des capacités et le transfert international de technologie. Les analyses effectuées par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) montrent qu’il existe de nombreuses pistes exploitables pour continuer à développer et déployer de nouvelles technologies dans le domaine des énergies renouvelables, des économies d’énergie et des technologies bas-carbone. Il sera important de mettre à profit ces possibilités pour réorienter le secteur de l’énergie vers un plus grand respect de l’environnement, ce qui sera un élément clé des stratégies de croissance verte.


Quelles sont les mesures déjà prises par les pays pour promouvoir une croissance plus verte ? 

Dans le cadre de la réponse globale apportée à la crise, beaucoup de pays ont pris des mesures et mobilisé des financements publics considérables pour stimuler la croissance sur des bases plus durables. Ainsi, de nombreux plans de relance ont prévu des investissements publics dans les infrastructures vertes, qu’il s’agisse des transports publics, de la production d’énergie faiblement carbonée, des réseaux d’électricité intelligents ou des services d’eau et d’assainissement. En s’appuyant sur ces efforts, et sachant que la crise a sans doute eu pour effet d’augmenter la prime de risque et donc de diminuer l’investissement privé dans des projets présentant un risque relativement élevé, les gouvernements pourraient envisager la possibilité d’accélérer les investissements en infrastructures qui faciliteraient le développement des technologies et industries vertes. Les pays ont également cherché à favoriser une reprise verte en investissant dans des activités de R¬D fondamentale pouvant venir à l’appui de l’éco-innovation et en recourant davantage aux taxes liées à l’environnement. Cependant, toutes les initiatives des plans de relance ne seront pas bonnes pour l’environnement et certaines ont sans doute favorisé des investissements qui risquent de pérenniser certaines activités polluantes plus traditionnelles. Par exemple, faute d’avoir été soigneusement conçues, des mesures telles que le soutien important à l’industrie automobile dans plusieurs pays, les investissements dans la construction de routes et les dispositifs de primes à la casse pourraient avoir intensifié les pressions sur l’environnement en encourageant l’utilisation des voitures particulières.


Quels sont les obstacles à la transition ? 

Indépendamment du contexte de la crise, l’élimination des barrières qui entravent actuellement la transition vers des économies plus vertes sera déterminante. Le rapport de synthèse de la Stratégie passera en revue plusieurs de ces barrières, notamment la réforme des subventions préjudiciables à l’environnement, la suppression des obstacles aux échanges de biens et services environnementaux, et le renforcement de la cohérence des moyens d’action.

 

Le présent rapport intérimaire met l’accent sur la nécessité de réformer les subventions aux combustibles fossiles qui sont préjudiciables à l’environnement, une option doublement gagnante pour promouvoir la croissance verte, et décrit brièvement l’évolution récente des politiques de soutien agricole vers un plus grand souci de l’environnement. L’analyse effectuée par l’OCDE à partir des données de l’AIE montre que la suppression des subventions à la consommation de combustibles fossiles dans les économies émergentes et les pays en développement pourrait réduire de 10 % les émissions mondiales de GES à l’horizon 2050 Une telle démarche permettrait aussi d’améliorer l’efficacité énergétique de ces économies, de réduire la charge financière pesant sur les budgets publics et d’atténuer les possibles effets de distorsion de ces subventions sur la concurrence.


Quel peut être le rôle des écotaxes ? 

Le rapport intérimaire présente en outre les données récentes de l’OCDE concernant le recours aux taxes et redevances liées à l’environnement et aux systèmes d’échange de droits d’émission, dont il ressort que ces instruments gagnent du terrain dans les pays de l’OCDE et les économies émergentes, mais que l’utilisation des taxes vertes pourrait être considérablement étendue. L’usage généralisé de ces instruments de marché peut aussi procurer des recettes non négligeables aux gouvernements. Par exemple, l’analyse de l’OCDE montre que si, d’ici à 2020, tous les pays industrialisés réduisaient leurs émissions de 20 % par rapport à 1990 au moyen de taxes ou de systèmes d’échange de permis d’émission avec attribution de tous les permis par voie d’enchères, le montant des recettes générées en 2020 pourrait représenter pas moins de 2.5 % du PIB en moyenne dans ces pays.

 

Cependant, le produit des taxes vertes a accusé un léger recul par rapport au PIB en raison de la baisse de la demande de combustibles. Le produit des taxes carbone ou de la vente aux enchères de permis pourrait servir à corriger les effets de distorsion produits par d’autres formes de taxation et générer ainsi des gains de bien-être. Il pourrait aussi permettre d’honorer plus facilement les engagements à soutenir financièrement les efforts d’adaptation et d’atténuation du changement climatique dans les pays en développement. Étant donné qu’il est urgent de réduire les déficits publics au lendemain de la crise, ces recettes pourraient aussi être utilisées pour assainir les budgets publics. Dans les économies émergentes, les fonds ainsi collectés pourraient servir à financer d’autres grandes priorités, qu’il s’agisse de l’éducation, de la santé publique ou de la réduction de la pauvreté.


Qu’en est-il des emplois et des qualifications ?


Tandis que la croissance verte ouvrira de nouvelles perspectives sur le plan des avancées technologiques, de la création d’emplois et du développement des compétences, l’un des principaux défis à relever pour les pouvoirs publics sera de faciliter la réaffectation du capital et du travail entre les secteurs économiques, tout en réduisant le plus possible les coûts d'ajustement qui en résulteront. Un grand nombre de pays ont misé sur les gisements d’emplois associés aux volets environnementaux des plans de relance. Dans le contexte actuel de faiblesse de l’activité économique, ces mesures peuvent avoir à court terme un net impact positif sur l’emploi tout en accélérant le passage à la croissance verte. L’impact à long terme sur l’emploi net demeure cependant incertain, quel que soit le scénario retenu pour la croissance verte, et cette question sera examinée plus en détail dans le rapport de synthèse de 2011. Quant au redéploiement de la main-d’œuvre entre secteurs, entreprises, régions et localités, les premières analyses de l'OCDE laissent supposer qu’il sera sans doute considérable et que les besoins en qualifications seront profondément modifiés. Des initiatives proactives à court terme en faveur de l’emploi vert seront utiles pour déclencher la création d’emplois –– compte tenu en particulier de la considérable marge de main-d’œuvre inutilisée et du risque de stagnation prolongée du marché du travail dans un grand nombre de pays.


Quel sera le contenu du rapport de synthèse de 2011 ? 

Le rapport intérimaire présente une première analyse des aspects ci-dessus. Le rapport de 2011 proposera un cadre intégré destiné à guider l’intervention des pouvoirs publics dans l’éventail plus large des domaines d’action liés à la croissance verte, notamment la fiscalité, l’innovation, les échanges, la main-d’œuvre et les aspects sociaux, ainsi que dans un certain nombre de secteurs, dont l’énergie, l’agriculture, la pêche et les transports. Il abordera les grands enjeux nécessitant une coopération internationale, notamment le financement des biens publics mondiaux (par exemple, mécanismes destinés à faciliter la lutte contre le changement climatique et enrayer la perte de biodiversité), la mise en place de conditions favorables à une croissance pro-pauvres, les transferts de technologie internationaux et les risques de fuites et d’effets sur la compétitivité liés à l’action des pouvoirs publics. Un nouveau cadre comptable et une nouvelle série d’indicateurs de la croissance verte seront élaborés afin de mettre en évidence les lacunes et de mesurer les progrès accomplis.